La Blogothèque

Soufisme à la Cité

Il y a deux mois, en écumant l’agenda concerts de la Cité de la Musique, je me suis mise à bondir.

La réaction semble excessive, mais voilà, les jours précédents on avait appris que Beirut annulait sa tournée. Plus de perspective d’une soirée folle et vraiment enivrante à laquelle penser avec excitation.

Je cherchais une alternative et la Cité m’a offert bien plus que ça : une nuit Soufie, une nuit de chants de louanges et de lamentations. Une nuit en langue ourdou. Une nuit de danses avec les derviches mawlawiyya .

Une nuit entre Maroc, Pakistan, Tadjikistan, Syrie et Egypte, bien plus de découvertes en quelques heures que n’aurait pu m’offrir Zach Condon et sa bande.

«Les plus grandes voix du soufisme du Proche-Orient sont réunies lors de cette soirée, dont celles de Nour Al-Din Khoarshid (Damas) et de Sheikh Taha.
On connaît peu, en revanche, les confréries féminines, comme l’ensemble des femmes de Chefchaouen (Maroc) qui, dans ses invocations de Dieu, va jusqu’à la transe .»

C’est la transe qui m’a vraiment fait bondir parce que je garde en mémoire une scène de cinéma que j’ai dévoré avec la conscience de voir une scène d’anthologie en matière d’émotions . Une scène qui m’a tenue en haleine, un plan séquence de près de 11 minutes que l’on doit à Tony Gatlif et son film Exils (dont il parle ici).

Cette poignée de minutes intenses, on risque de les revivre le 28 juin : la Cité de la Musique nous offre 5 heures d’ailleurs et de transe, et ça, ça vaut bien tous les Beirut du monde .

Photos Sarah Afzal et Teobius