La Blogothèque

Architecture In Helsinki

Sur la pochette de leur premier album, Fingers Crossed , les Australiens de Architecture in Helsinki ont imprimé un diagramme pop répertoriant tous les instruments utilisés sur le disque, chanson par chanson. Ils ont continué ce petit jeu sur tous leurs albums, mais il n’a jamais autant fait sens que sur ce premier jet, trop méconnu, une petite merveille de pop timide et foisonnante à la fois. Un disque de coincés merveilleux, qui ont préparé leur chorégraphie de fin d’année pendant des mois, mais n’osent que de petits pas minimalistes une fois sur la scène.

Depuis, Cameron Bird et ses amis ont appris à taper fort, à hurler, secouer la tête, ce qu’ils font certes bien, sans pour autant nous faire oublier le charme délicat de leurs premières chansons. Parmi celles-ci, le bijou, le diamant, c’est ‘The Owls Go’, une chanson riche comme un coffre chinois, si riche qu’elle sort aisément du diagramme mentionné plus haut.

Car outre une note de Glockenspiel (une), un orgue, un melodica, une guitare, une flute, des castagnettes, un trombone, un moog, un accordéon, on entend des tonnes de petites choses : une respiration soudaine, des chuchotements, un petit balai qui frotte fissa, des bulles qui éclatent, des mains qui tapent et des doigts qui claquent, des enfants qui chuchotent, des choeurs transgénérationnels, un kazoo asthmatique… Comme le raconte la chanson, c’est un voyage dans un grenier plein de bruits et de mystères. C’est l’occasion de tout imaginer.

Y compris les aventures d’une banane en pâte à modeler, de méchantes boules rouges et de pièges diaboliques, en prenant plaisir à se demander si les sons n’ont pas été rajoutés. Non, le morceau est d’origine, ma Bônne Dâme. Sans conservateur ni rien.

NB : Oui, on a découvert aussi que Orange avait décidé de vendre sa nouvelle offre d’abonnement avec un film en stop motion illustré par du Architecture in Helsinki. On vous jure qu’on savait pas. Udner a fini ce film il y a 3 mois. Soit il a une double vie, soit nous sommes des planneurs stratégiques qui s’ignorent. Mon Dieu…