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Port O’Brien

Cambria Goodwin, la chanteuse et joueuse de banjo de Port O’Brien, a en elle une sorte de magie californienne qui rend les New Yorkais tout chose. Le proprio du Winnie’s, un célèbre karaoké de Chinatown, avait fermement refusé de laisser Port O’Brien rentrer dans son établissement avec leurs instruments. Jetée dehors, Cambria lança un regard aux visages décomposés de son groupe et dit simplement “Donnez-moi deux minutes”. Elle rentra à nouveau dans le bar. Trois minutes plus tard, elle fit un signe à son groupe, les invitant à la rejoindre à l’intérieur.

Ils ont chanté quelques titres du karaoké pour donner l’impression qu’ils n’étaient rien d’autre qu’une bande d’amis venus pour s’amuser un peu. C’est pourtant ce qu’ils sont vraiment. Caleb Nichols, le bassiste, massacre les Gin Blossoms. Il y a de la Tsingato partout. Et celui qui a l’oeil aura remarqué à ce moment-là que des ustensiles circulent à travers la foule. Soudain, le chanteur Van Pierszalowski crie “Chantez avec moi: Ohhhhhhhhhhhhhhh Oh Oh Oh Oh Oh Oh !” Des instruments sont apparu sur scène; ça y est, la chanson est partie.

Un swing radieux et brutal abolit les barrières entre le groupe et le public. Jetez un oeil au propriétaire (assis à la gauche du groupe): le type est complètement déconcerté par ce qu’il se passe dans on bar.

Port O’Brien a cette capacité saisissante de prendre une chanson belle et calme et de la transformer en une chanson acérée et calme, et ce sans que personne ne remarque vraiment à quel moment tout s’est déclenché. Voici “Don’t Take My Advice” dans l’arrière-boutique d’un bar de Chinatown.

Ben Cramer, One Take New York