La Blogothèque
Concerts à emporter

John Shannon

Venise est une ville différente. Lorsqu’on s’y trouve, on a du mal à réaliser qu’on y est, et lorsqu’on en part, on espère secrètement que tout cela n’était qu’un rêve, et on en garde forcément un souvenir très spécial, presque égoïste. Venise est une ville figée, hors du temps. Hors-saison, à l’Ouest de la cité, il n’y a pas grand monde, les ruelles très étroites sont vides, le bord de mer est gris, il y a beaucoup de vent, et une pluie fine quasi-permanente. Mais le temps, on s’en fiche pas mal lorsqu’on est à Venise. On ne cesse de s’émerveiller devant cet énième pont, cette énième ruelle, et les couleurs, et les volets de cet immense bâtiment.. La musique de John Shannon collait parfaitement à cette ville. Discrète et tranquille, elle ne mangeait pas ce décor extraordinaire. Chaude, elle l’embellissait même.

John Shannon vient de Brooklyn, dont il est parti il y a quelques années pour s’installer dans une maison en pleine forêt, non loin de San Francisco. Très timide, nous lui demandons quand même de nous raconter le parcours iniatique, chamanique qu’il a vécu en Arizona, et qui l’a amené à écrire un album, American Mystic , qu’il décrit lui-même comme un tout, composé de plusieurs chansons qui en fait n’en forment qu’une seule. Il entame “Falling Into All” sur un pont, avant que le soleil ne se cache à nouveau derrière un nuage.

La guitare de John est envoûtante. Les notes sont gracieuses, douces, précieuses. Comme sa voix, à laquelle se superpose sur “Somewhere” celle de Caroline Mac Mahon, qui l’accompagne sur scène comme dans la vie. Un joli moment dans une ville incroyable, au sens littéral.

John Shannon sera en concert à la Flèche d’Or demain soir, jeudi 15 mai.