La Blogothèque

Ce soir, rêvez avec les Pascals

La dernière fois que les Pascals ont joué au Café de la Danse, il y avait une poignée de gamins assis tout devant, dans la fosse à moitié vide, les yeux en l’air, émerveillés. Au milieu du concert, le membre le plus extravagant du groupe est descendu les rejoindre. Il s’est agenouillé, a remonté les ressorts d’une dizaine de petits animaux qu’il a laissé claudiquer sur le sol au milieu des enfants, puis a fait quelques percus assis là pendant que derrière, un orchestre de japonaises habillés comme des lutins s’appliquait sur la mélodie. Un instant comme un autre, une de ces centaines d’étincelles de poésie naïve, rafraîchissante qui font le charme des concerts des Pascals. Une magie que l’on pourra revivre ce soir, puisque les Pascals jouent au Café de la Danse. Et foi de Blogo, c’est à ne pas rater.

Les Pascals, c’est un orchestre de 15 Japonais amateurs qui tourne depuis huit ans maintenant, dirigés par un homme, Rocket Matsu, et son obsession: Pascal Comelade. En 2000, lors d’un concert à Tokyo du Bel Canto Orchestra, cet ancien punk rocker voit la lumière: un an après, il réunit une poignée d’amis et enregistre un album de reprises du génie de Vernet les Bains. Ca n’aurait pu être qu’un bel exercice idolâtre, c’est un chef-d’oeuvre. Revisités à la sauce wasabi, ‘Patafisiskal Polska’, ‘Skatalan Logicofobism’, les “tubes” du Catalan deviennent des génériques de dessins animés. Arroseur arrosé, Comelade spécialiste des cover-marabout-de-ficelles apprécie tellement qu’il fait sortir l’album sur son label.

Avec les années, les Pascals ont élargi leur champ. Ils reprennent du Nino Rota, du Henry Mancini… Mais ils n’ont pas changé la méthode : des bouts de ficelles, une alchimie de petits riens, qui font une montagne magnifique en additionnant les minimalismes et les instruments incongrus.

Il y a des violons, des guitares, une contrebasse chez les Pascals. Mais il y a aussi des automates avec leurs cymbales, des grenouilles en caoutchouc, des trompettes en plastique, des scies musicales, une meule juste là pour faire des étincelles sur la queue d’un violoncelle. Il y a quatorze japonais tout timides et un fou sur le côté, un gros yakuza de série B, en marcel, qui saute partout et fouille dans son bac à jouets de quoi ponctuer d’incongruités la musique de ses comparses. Il y a des reprises de Moonriver, des polkas et des valses, des musiques à pleurer, d’autres à danser nus pieds dans l’herbe.

Oui, il fait beau. Oui, on resterait bien en terrasse. Mais au Café de la Danse, ce soir, de gentils fous vous offrent une magnifique nuit étoilée.

The Pascals, au Café de la Danse, 5 passage Louis Philippe, Paris
19h30, 17 €

NB : Les Pascals joueront également à Bron, Tourcoing, Agen…