“We’re much the same we used to be
“, une petite phrase d’apparence anodine lancée par Lou Barlow au public du Trabendo, ce lundi 28 avril 2008, comme s’il fallait se justifier, s’excuser de quelque chose… De ne pas répondre à toutes les attentes ? De n’être en tournée que pour la promotion de la réédition (version Deluxe) de Bubble & Scrape
(Domino/Pias) et de limiter le set aux morceaux de cet album et des précédents ? De se comporter comme un type finalement banal et pas comme la star indé, le “héros” qu’il a été et qu’il reste pour certains ?
Il lancera plus tard un étonnant “We’re a strange band. You’re a good audience
“.

Un bon public, effectivement, magnanime et qui a compris rapidement qu’avec le line-up originel (Lou Barlow, Eric Gaffney, Jason Loewenstein) il n’aurait pas droit aux chansons plus lissées des albums suivants (ceux sans Gaffney, avec Russ Pollard ou Bob Fay en batteurs supplétifs). Trois exceptions majeures cependant, jouées en rappel : “Careful” (Bakesale ), “Too Pure” et “Beauty Of The Ride” (Harmacy ), seules concessions “pop” du concert et façons d’atténuer un peu la rudesse punk de la quarantaine de titres délivrés en moins de deux heures.
Car ce Sebadoh là est tout en fougue et défoulement, à quinze ou dix-huit ans comme à quarante, des adolescents rebelles s’exerçant dans un garage d’une ville banale du Massachusetts ou des pères de familles quadragénaires en vadrouille rock d’un continent à l’autre, avec plaisir manifeste et sourire dans le larsen. Les instruments sont domptés, le chant plus assuré et les rythmiques bien calées, mais l’énergie est brute, brutale, le hurlement soudain et les riffs méchants, certains titres n’atteignent pas la minute. Chacun son moment à la guitare et au chant, ce Sebadoh-là est partage, Lou Barlow, souvent considéré comme le leader du groupe, rétablissant les équilibres en cédant volontiers sa place à ses compères : Loewenstein en déjanté du groupe et Gaffney en freak impressionnant de maîtrise technique et de sauvagerie (plus ou moins) retenue. Et Barlow, peinard même dans l’accélération, le doute tranquille à l’image d’un Concert à Emporter, bucolique, feutré mais un peu hésitant, donné en solo quelques heures auparavant.
En sueur autant qu’eux, on révisera en sortant le sourire béat, un jugement ancien naïvement péremptoire : Sebadoh est trop vivant pour être déjà un mythe, on a encore quelques leçons de rock à prendre à leurs côtés…
En preuve, un titre sans rides malgré ses vingt ans d’âge : “Gimme Indie Rock” en version studio.





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