La Blogothèque
Concerts à emporter

Hutch And Kathy (from The Thermals)

The Body, The Blood, The Machine est un des mes albums préférés de ces dernières années. Chaque chanson qui y figure est une bonne chanson. A chaque fois que je l’écoute, je suis aussi à fond que lorsque je les vois en concert. Avant The Thermals, Hutch Harris et Kathy Foster ont sorti un disque intitulé Hutch And Kathy , une approche plus acoustique de leur pop-punk énergique. Une récente réédition de l’album semblait être un bon prétexte pour filmer un Concert à emporter des Thermals. Mais j’étais loin de me douter qu’ils joueraient de toutes nouvelles chansons, en exclusivité.

Un matin de mars ensoleillé, nous sommes partis pour un road-trip sur la côte Pacifique, pour filmer un des mes groupes de punk préférés jouer acoustique sur la plage. Une fois par an, le groupe se retire à Falcon Cove pour enregistrer. Nous avons été accueillis par Kathy Foster et un ami. Puis Hutch est arrivé, un pack de 6 dans une main, l’autre tendue pour serrer la mienne. Son exubérance à lui et le calme de Kathy m’ont mis à l’aise tout de suite, j’avais l’impression de rendre visites à des vieux potes. Il ne nous restait plus que quelques heures pour profiter du soleil alors on a chargé les affaires et on est partis pour la plage.

La côte de l’Oregon, connue pour ses falaises, ses plages de galets, et ses énormes formations rocheuses qui émergent de la mer (et aussi “Les Goonies”), est une des plus belles qu’il m’ait été donné de voir. Hutch a commencé en fredonnant tandis que Kathy grattait sa guitare. On a avancé en trébuchant sur les rochers, en glissant, pour que les deux puissent s’installer au bord de l’eau. Tout participait à une ambiance particulière: les vagues qui s’écrasaient en faisant un bruit assourdissant, les rayons du soleil, les embruns. Mais aussi belle fût-elle, cette plage au relief découpé n’était pas l’endroit le plus confortable, alors nous avons bougé vers une bûche déposée là par la mer. Là au moins je pouvais bouger sans avoir peur de me fouler la cheville et Hutch et Kathy pouvaient s’asseoir plus confortablement. “That’s Inertia” est une fantastique nouvelle chanson. J’aime particulièrement quand Hutch entame son solo de guitare juste après “I store energy, store it inside of me/ once I start I’m hard to stop!”, et c’est dur pour moi d’arrêter de faire de l’air guitare à chaque fois que je revois cette séquence.

Pour “I Know It’s Too Late”, nous avons brisé la règle du plan-séquence en essayant quelque chose de complètement nouveau. Ça n’était pas prévu, mais après avoir regardé le footage, je n’étais pas complètement satisfait de chaque prise, alors j’ai décidé de les fusionner avec des effets de fondu comme pour imiter les vagues. Et ça a marché ! Pour cette séquence-ci on voulait filmer de façon plus fixe, en utilisant un téléobjectif pour capturer la profondeur du littoral. En fusionnant deux séquences différentes, je crois qu’on a réussi à saisir au vol certains éléments de la chanson tels que la solidarité et la séparation. Surplombant la scène, Kathy donne le rythme avec sa guitare entrainante tandis que Hutch, assis, face à la mer, chante l’espoir perdu.

Ils nous ont gentiment proposé de dormir dans la chambre d’ami, et on a passé le reste de la soirée à manger de la pizza, boire des bières, jouer au Trivial Pursuit, et regarder Mr Show. Le lendemain matin, on s’est dit au revoir, on les a remerciés, et on est partis vers le nord.

Steve, One Shot Seattle