La Blogothèque

Generic

Quand Furious Fred et Loud Sylvain arrivent au marché des Résidences, c’est la surprise. Formé sur les cendres encore chaudes du combo punk Seconde Rate, Generic sur disque (Open City sur Kingingrecords) nous avait habitués à un rock garage pesant et saturé, loin des structures électroniques et ambiantes que nous avions captées.

Malgré les éclaircies matinales, il fait terriblement froid au pied des cités. Sous son écharpe et ses mitaines, Sylvain se concentre sur son senza pour jouer aux pouces, Fred embarque avec lui un glockenspiel. Le son métallique de Generic s’apaise, et un véritable dialogue entre eux s’installe. En quelques minutes la balade prend des allures d’happening contemplatif. Rien ne semble troubler le cours du marché, pas même le beat minimal qui s’échappe de l’ampli. Les commerçants s’amusent, les enfants chahutent, la vie tranquille qui règne en banlieue de Belfort est imperturbable. Même la policière qui vient me voir affiche un grand sourire. C’était au marché des Résidence le temps d’une prise.

On continue jusqu’au van du groupe, celui avec lequel ils font la route depuis bientôt dix ans. Le groupe est généreux, simple et D.I.Y. Fred, Sylvain et Jeremiah sont arc-boutés à l’arrière, toutes portes ouvertes, bientôt rejoints par un collégien qui attend son bus. On pourrait rester avec eux des heures à écouter le charme du mélodion et les nappes vaporeuses de « Spider Rico », improvisée sur matelas pour une version longue qu’on voudrait éternelle.

Chez Manu