La Blogothèque

Fleet Foxes, une pastorale européenne

Ils sont arrivés à un moment où l’on rêvait de quitter l’hiver, avec leurs moufles, leur luge, de la neige dans les cheveux. C’était exactement comme la semaine dernière, de la neige au printemps, en complet décalage, les Fleet Foxes auraient pu nous faire croire que l’on avait de nouveau envie de voir la buée sortir de nos bouches.

La chanson s’appelait ‘White Winter Hymnal’, un bouquet d’harmonies, une voix, puis quatre, une petite cymbale, une guitare, et un déboulé. Lancée du haut de la colline on la regarde descendre, sauter, rebondir, grossir, chuter sur un rocher et exploser en flocons.

Il n’y a pas que cela. Tout n’est pas une bête question d’harmonie. Il y a chez Fleet Foxes une espèce de qualité pastorale, que l’on soit dans la mélodie fredonnée allongé dans l’herbe ou dans la chanson de geste, que l’on se penche sur ces voix, ces guitares et mandolines aux arpèges hauts, ce tambour lourd et lent. ‘English House’, sans doute leur plus belle chanson à ce jour, est une petite épopée en lisière de forêt. Tout ici participe à une sorte de trot, la mandoline en fond, les petites montées suraiguës des harmonies sautillantes, épique et léger à la fois…

Certains les comparent, paresseux, au Band Of Horses, à Midlake. Les Fleet Foxes prennent seulement plus soin des structures de leur chanson, complexes et limpides à la fois, et prennent leurs voix comme chevilles ouvrières de chacun de ces ouvrages. Surtout, même si les Fleet Foxes s’accrochent à quelques branches seventies comme ces deux groupes, ils ont en plus une élégance, certains parleront de préciosité, empruntée au folk anglais traditionnel. Ils sonnent européen. Il n’est pas besoin de se pencher sur leur imagerie, fresque de Bosch Bruegel et gravures XVIIIe, pour s’en convaincre.

Dans chaque ville américaine où ils ont joué, ils ont impressionné. Balayant le plus souvent l’indifférence avec laquelle ils étaient abordés, en simple groupe de première partie. Pour les avoir tournés en Concert à emporter, je peux confirmer qu’ils impressionnent. On devrait avoir vite une occasion de le vérifier…