La Blogothèque

Un invité : Alban Dereyer

Jusqu’à il y a quelques semaines, Alban Dereyer, c’était un nom qu’on voyait apparaître sur le myspace de la blogo à intervalles réguliers, mais noyé dans la masse des sollicitations diverses et variées. Maintenant, je sais qu’Alban Dereyer 1) sort très bientôt son premier EP et 2) que c’est une excellente nouvelle. Parce qu’outre l’excellente sélection qu’il propose ici, notre jeune homme dévoile sur sa page des compositions toutes en finesses, faisant la part belle à un piano aux mélodies inarrêtables. Une musique érudite, qui ne ploie jamais sous le poids des références qu’on y devine, et qui au contraire s’en sert à merveille. Soyons clairs : en se fiant à “September” ou à “Someday”, on a hâte d’entendre la suite.

Liam Singer

Je me suis demandé un moment quelle chanson de Liam Singer j’allais présenter, celle-ci n’est plus celle que j’aime le plus, mais c’est la première que j’ai entendue, et celle par qui le charme a opéré, c’était sur feu le site de David Fenech, et immédiatement ça m’a semblé proche, comme l’écoute des premiers Chauveau et Bed. Il y a ici un souffle et une sincérité qui m’ont fait préférer Sufjan Stevens à Andrew Bird au moment de Michigan, et puis après la déception Illinoise , il fut le seul. Depuis 2004, il a sorti deux disques – sur le désormais hibernant Tell-All Records – qui oscillent entre expérimentation et chanson pop classique, reprises de Massenet ou Purcell et écriture opératique de haut vol. L’année dernière, il a quitté San Francisco pour s’installer à Brooklyn, et a récemment joué au Sidewalk Cafe devant une assistance clairsemée. C’est un tort.


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Biff Rose

Sing Sing m’a fait découvrir Biff Rose, qu’il en soit remercié. Molly est, avant toute autre considération, une des plus belles chansons jamais composée; il y est question d’un type qui part intégrer la troupe d’un cirque dans le but d’amasser des ronds pour Molly qu’il a laissée derrière lui mais auprès de laquelle il se promet de revenir une fois sa fortune faite, et puis le temps passe et les lettres qu’elle lui écrit ternissent avant de disparaître. Il ne la retrouvera plus maintenant que dans ses rêves. Les arrangements de Kirby Johnson ont l’allure de ceux de Van Dyke Parks qui d’ailleurs s’empressera d’aller jouer du Moog sur le deuxième album de Biff Rose. C’était en 1968, aujourd’hui, sa voix n’a rien perdu de sa fraicheur comme en attestent certaines vidéos sur son site. A la Nouvelle-Orléans, il s’adonne désormais à une sorte d’actionnisme poétique dans lequel il fond en un gros tout bordélique les figures de l’Islam, du Judaïsme et du Christianisme, celles du Christ et d’Adolf Hitler. Une seule chose pour lui demeure inacceptable: que Bowie lui ait piqué “Fill Your Heart”.

Regarder Molly en vidéo


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Kids Are Dead

J’ai trouvé Kids Are Dead sur la page de Flop, et depuis que j’ai entendu cette chanson, je me perds en conjectures, sa structure ressemble aux échangeurs d’autoroutes américaines, elle m’évoque assez vite “Through with Buzz” de Steely Dan (après vous pouvez dire que j’entends mal), exhale une ferveur juvénile et confond d’impertinence et d’inventivité. Pas grand chose à dire de plus que c’est une joie répétée que de l’écouter à nouveau.


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Win Oudijk

Cet Hollandais tient un style qu’on pourrait qualifier de pop progressive qui réanime une écriture perdue depuis Van Dyke Parks où les textes aussi bien que la musique façonnent des univers hirsutes mais qui sont autant d’hymnes à la Musique, poussée dans ses retranchements mais toujours ébahie et revivifiée. J’écoutais ses chansons en boucle dans l’avion et je n’ai pu contenir un sourire de ravissement jusqu’à l’atterrissage: il met en joie. Tout comme Brian Woodbury le californien dont le refrain de “Head In Light” – dans la même veine – est simplement merveilleux.


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Scott Matthew

Enfin, Scott Matthew. Quoique perplexe jusqu’à maintenant quant à ses enregistrements, je ne peux m’empêcher de trouver en lui la classe des grands. Ca a commencé par une vidéo sur YouTube où il chante cette même chanson seul à la guitare, filmé en biais avec un portable; une sorte de miracle se produit, inexplicable, qui s’est reproduit avec une intensité plus grande encore quand je l’ai vu il y a quelques mois à la Flèche d’Or, comment il parvient à faire sortir les larmes du fond, à provoquer des tremblements opportuns. C’est un fait, l’homme a d’abord une dimension scénique, il aurait, dans les grandes lignes, la stature et l’aplomb d’un Scott Walker qui chanterait avec la voix – pleinement déployée – d’Elvis Costello. Récemment il a participé à la bande originale de Shortbus et semble-t-il devrait revenir chanter en mars.