Un nom intriguant déjà croisé dans nos colonnes, un single fuyant (« 2080 « ) idéalement pop pour certains et des intentions louables en masse et à venir. L’impression aussi d’une connivence d’esprit et de propos avec d’autres trublions des musiques foutraques… Une tendance émergeante ? Yeasayer en nouvel élément d’une musique folklorique américaine du vingt-et-unième siècle ou, de façon moins grandiloquente et plus raisonnée, un nouveau pan du rock indé ?

Dans la lignée de Clap Your Hands Say Yeah ! ( Say Yer !
) et de groupes ou collectifs à musiques sinueuses (Animal Collective , Evangelicals , bien d’autres et Vampire Weekend ponctuellement…), « All Hours Cymbals » premier album précieux décline les principes du « genre » : mélange constant et flou entre acoustique et électrique, voire électronique ; paradoxales mises en avant des voix et chœurs, essentiels mais souvent étrangement étouffés ou inaudibles ; éclatement des conventions de construction d’un morceau (et d’un album) et focalisation sur une ambiance (et une cohérence d’atmosphère) ; recyclage permanent en forme de digestion (on ne garde que les éléments les plus nutritifs) ; ouverture aux musiques lointaines (d’Afrique ou d’Orient, souvent) et si l’on pousse un peu, audaces décomplexées depuis un certain « Kid A « …
Du bricolage d’amateur certes, mais les idées sont pertinentes, judicieusement contemporaines et les horizons s’élargissent. On reprochera aux Yeasayer leur vision de l’Afrique, caricaturée involontairement comme une mauvaise bande originale du « Roi Lion « , mais elle est indispensable comme base de leurs percussions et rythmiques. On s’inquiétera aussi du manque de fondations solides, on estimera non négligeables les probabilités de se lasser bien vite et les risques d’un oubli expéditif. Mais qu’importe, dans l’instant c’est jubilation raisonnable et coup de coeur, dans toutes ses dimensions et conséquences…
- Ecoutez « Wait For The Summer «





Commenter