La Blogothèque

Top 2007 aKa

A l’heure de faire les bilans, les albums écoutés tout au long de l’année se répartissent en 3 catégories : il y a d’une part ceux qui auront indéniablement marqué et/ou accompagné mon année, les quelques vraies évidences, ceux que je pense toujours devoir associer, dans mon souvenir, à l’année 2007. En second lieu, il y a tous ceux qui m’auront certes beaucoup plu, ému, ravi… mais qui, pour une raison ou une autre, bonne ou mauvaise, risquent de marquer moins durablement l’année 2007 de leur empreinte, dans mon souvenir du moins. Enfin, il y a enfin ceux dont l’écoute fut plus anecdotique, décevante, totalement dégoûtée ou tout simplement anodine et dont je ne parlerai donc pas ici.

Voici donc ma sélection très personnelle, imparfaite et fragile de ce que je retiendrai (peut-être) de 2007. Et attention, je triche, y a plein d’ex-aequo.

2007, POUR TOUJOURS !

1. SOY UN CABALLO, Les heures de raison

Parce que les plus belles émotions musicales de l’année, les plus douces comme les plus vives, les plus surprenantes comme les plus enthousiasmantes, me seront toutes parvenues d’une seule et même source : Soy Un Caballo. Un disque amoureux en avril, une rencontre généreuse en mai, une vidéo délicieuse et un concert joyeux en novembre, un calendrier merveilleux en décembre… 2007 aura bel et bien été l’année du Cheval (n’en déplaise aux cochons).

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2. VIC CHESNUTT, North Star Deserter

Lorsque vous êtes l’objet de la plus belle vidéos tournée à ce jour par Vincent Moon, c’est ironique, mais vous avez quelques raisons de vous faire du souci : votre album sera-t-il à la hauteur de ce Concert A Emporter ? La sublimation inspirée par la mise en scène et la réalisation n’auront-elles pas trop d’impact sur l’auditeur/spectateur pour lequel l’écoute de l’album ne pourra, dès lors, que se révéler décevante ? Le père Vincent ne vous a-t-il pas forcé à mettre la barre un peu trop haut ? En 2007, Vic Chesnutt nous aura prouvé, au contraire, qu’on peut fort aisément cumuler la palme du plus beau CAE de tous les temps et la médaille d’argent du disque le plus poignant de l’année.

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3. GETATCHEW MEKURYA feat THE EX, Moa Ambessa

Sorti trop tard en 2006 (Oui, je sais, 2006 !), découvert sur le tard en 2007 lors d’un concert survolté, cet album est une énorme claque. Revenu tout droit des archives Ethiopiques, Getatchew nous y apparaît sous un éclairage plus contemporain. Accompagné des increvables The Ex, cet album remporte simultanément les palmes de l’album le plus funk et le plus punk de l’année. Une prouesse à laquelle rien ne les destinait (en tout cas pas en 2007), ni l’un ni les autres. Et une belle occasion de redécouvrir, a rebours, les rares enregistrements (déjà usés jusqu’à la cordes) du premier et de dépoussiérer les albums exemplaires (et trop longtemps ignorés de moi) des seconds.

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4. THE NATIONAL, Boxer

4. RADIOHEAD, In Rainbows

2007 aurait tout aussi bien pu se diviser en deux : 6 mois passés à écouter The National et 6 mois à se délecter du nouveau Radiohead. Malheureusement, leurs agendas respectifs n’ont pu s’accorder. Reste deux disques à départager. A ma gauche, sans doute le meilleur album de The National à ce jour, Boxer , qui les confirme définitivement au rang de “grand groupe” dont il faut attendre de “grandes choses”. A ma droite, In Rainbows , dernier Radiohead en date qui, s’il n’est pas le plus innovant, impressionne encore une fois par l’exemplarité de ses compositions, la finesse de ses productions et l’émotion inspirée par le tout. Radiohead reste définitivement LE “mettre étalon” contemporain servant à déterminer la grandeur de ces quelques groupes infatigables qui, comme The National, ne baissent jamais la garde et affichent cette même volonté de tracer inexorablement leur propre route, coûte que coûte, au travers de sommets de plus en plus vertigineux. Ces deux-là planent définitivement au dessus de la mêlée. Match nul.

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5. TAZIO & BOY, Note-Book

A l’heure de faire les bilans, il est des disques plus discrets qui vous sautent soudainement à la rétine et ne vous lâche plus. Aussi loin que je me souvienne de 2007, l’album de Tazio & Boy me semble avoir, certes, toujours été là, présent, évident, réjouissant, mais sans qu’on ne trouve jamais le temps ou la bonne disposition pour en parler. Premier disque bricolé avec amour, diamant encore brut à la taille inégale, leur Note-Book offre quelques brillants éclats et autant de chansons qui se sont inscrites petit à petit au creux de mon oreille pour finir par marquer l’année de leur empreinte.

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6. MENOMENA, Friend and Foe

6. SHARON JONES & THE DAP KINGS, 100 Days, 100 Nights

Prouesse : en 2007, Menomena sera parvenu à nous faire oublier la déception The Dears, à occulter l’absence prolongée de Blur (et les infidélités hasardeuses de D.Albarn) à satisfaire notre besoin viscéral de cuivre et à remporter le prix de la plus belle pochette de disque. en 2008, c’est promis, ils s’occuperont du Moyen-Orient et du problème du logement en région parisienne.

Allégresse : en 2007, les albums de Sharon Jones demeurent à la fois des motifs faciles et des prétextes utiles. Motifs de réjouissance, tant la production soignée est un hommage aux plus belles heures d’une certaine musique tout autant qu’à la qualité des compositions. Et Prétexte, surtout, à accueillir toute la petite troupe dans nos contrées pour des concerts toujours aussi explosifs, euphorisant et convaincants. Certes, les salles se font de plus en plus grandes, les foules plus nombreuses et profanes, mais la messe est toujours aussi belle, la bonne parole toujours aussi percutante. Amen.

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7. THEE, STRANDED HORSES, Churning Strides

Les soldes ce n’est pas bien. Ca incite à la surconsommation, ça rend agressif, ça favorise l’endettement, ça provoque des embouteillages, ça accélère le réchauffement de la planète et il semblerait même que ça soutienne le terrorisme international. N’empêche ! Sans les soldes de Talitres (et les conseils avisés de notre ami Rouqhino), il n’y aurait point eu de Thee Stranded Horse dans ma discothèque et donc, a fortiori, dans ce top. Vive les soldes !

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8. THE CHEMICAL BROTHERS, We are the night

8. LCD SOUNDSYSTEM, Sound of silver

Artillerie lourde : faisant la synthèse des époques, des tendances, et des recettes, les Chemical nous ont livré l’album parfait. Entendons-nous : l’album des parfaits Chemical. A coup de tube ravageurs et de mélodies imparables, We are the night s’est rapidement imposé comme le meilleur album des frères chimiques depuis bien longtemps. Je leur dois entre autres une furieuse traversée des Andes, toutes machines hurlantes. Leur collaboration avec Midlake reste, quant à elle, une des plus belles réussites de l’année.

Artillerie légère : traçant sa route irrémédiablement, LCD nous prouve encore une fois qu’il n’est point besoin de surenchère pour faire danser et émouvoir. LCD se contente ainsi d’aiguiser sa plume, d’affûter ses instruments, d’affiner son écriture et de creuser ses mélodies. Sound of silver apparaît ainsi comme un album léger et puissant à la fois, subtil et néanmoins électrisant.

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9. NANCY ELIZABETH, Battle and Victory

A force de me jeter 3 découvertes par semaines à la figure, Dj Barney aura réussi son coup : placer un de ces disques dans mon top 2007. L’honneur revient ici à Nancy Elizabeth, inconnue à mon bataillon et dont l’album aura eu la vertu, en quelques écoutes à peine, de calmer mon humeur, exciter mon imagination et ravir mes oreilles. Paraphrasant une autre artiste américaine contemporaine de l’étonnante Nancy, je n’aurai qu’une seule chose à déclarer au sieur Barney : Gimme more !

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10. MOHAMMED JIMMY MOHAMMED, Hulgizei

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Aussitôt dit, aussitôt fait ! Seconde découverte consécutive à la bienveillance de l’ami Barney, cet enregistrement live de feu Mohammed Jimmy Mohammed m’aura régulièrement envoûté. Frissons, sueurs froides, température, j’ai d’abord pensé à la grippe. Avant de réaliser que les chants de l’Ethiopien étaient seuls responsables de mon émoi et de mes vertiges. Tendu, fragile et brut à la fois, sa voix est de celle auxquelles ont ne peut que se soumettre entièrement, corps et âme. Dramatiquement renforcée par des accompagnements sobres et intenses, elle déclame autant qu’elle ne chante et sans cesse me bouleverse.

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11. NICK CAVE & WARREN ELLIS, The Assassination Of Jesse James By The Coward Robert Ford

Je ne suis plus très assidu au cinéma : trop cher, trop de monde, trop d’indisciplines et de gens grossiers, j’ai tout simplement perdu, petit à petit, l’habitude, le “réflexe cinéma”. Depuis peu, j’ai même réalisé que je ne me tenais en fait même plus du tout informé de l’actualité cinématographique (Astérix 3 ? au cinéma ?). C’est ainsi que lorsque, sous les conseils avisés d’un ami enthousiaste, je suis finalement retournée dans une salle obscure voir ce fameux Jessie James , j’ai passé tout le film à m’étonner des empreints évidents : cette musique avait l’odeur du Nick Cave, elle en avait la saveur, elle en avait la texture… Et quand ça a l’odeur du poulet, le goût de poulet et l’apparence d’un grand australien moustachu, il est fort à parier que le Nick Cave soit effectivement responsable de ce qui s’apparente comme l’une des plus fascinante B.O. de l’année. (Mais je rappelle que je ne vais plus trop au cinéma)

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2007, POUR UN JOUR ?

Je ne suis certes pas près d’oublier que 2007 vit l’arrivée du second album d’Arcade Fire . Mais ce souvenir doit certainement plus à la formidable vidéo qu’ils ont réalisé dans un ascenseur avec Chryde et Vincent qu’à leur album : sorti en grandes pompes et ponctués de merveilleux moments, celui -ci se révéla effectivement, sur la longueur, trop inégal, trop imparfait. C’est par contre dans l’indifférence la plus totale que Pants Yell semble avoir sorti son nouvel album. Voilà bien un disque, pourtant, qui fut à la hauteur de mes espérances : bons ou mauvais, les disques de Pants Yell offrent tous au moins un tube en puissance, suffisamment enthousiasmant pour marquer durablement mon esprit au moment de faire les comptes. Néanmoins, pas plus que le précédent, ce disque ne sera parvenu à me convaincre totalement ; espérance comblée mais points de surprise donc. Jens Lekman , lui, m’a bel et bien pris par surprise. La dernière chose à laquelle je m’attendais en 2007, effectivement, était de me retrouver dandinant au son d’un crooner moderne, suédois de surcroît. J’avais eu ma dose de Jay-Jay Johanson durant les années 90, et juste au moment où je pensais en avoir fini avec ces futilités, voilà mon addiction qui me revient en pleine face. Argh!

Arcade Fire , Neon Bible / Pants Yell! , Alison Statton / Jens Lekman , Night Falls Over Kortedala


Beirut sort du lot, ça se voit tout de suite. C’est un garçon charmant, curieux, éveillé et attentif qui ne peut manquer de fasciner tant tout ce qu’il touche semble destiné à être transformé en cuivre. Son album est joli, bien ficelé, plein d’idées et empreint d’une réelle magie, c’est évident. Et pourtant,… et pourtant, je ne suis jamais parvenu à ce degré d’extase qui rend un album totalement inoubliable. En tout cas pas en 2007. Tom Brosseau , quant à lui, est un mec gentil, toujours présent et disponible. Quand je suis fatigué, il baisse d’un ton et chantonne des comptines délicates ; quand j’ai le bourbon, il varie son jeux, se fait plus nuancé et cherche doucement à me redonner l’envie, l’envie d’avoir envie. Tom est un mec sympa qui ne cherche ni les honneurs, ni la renommée. C’est un bon pote, toujours là pour accompagner mes humeurs de quelques heureuses mélodies. Tout le contraire de Chris Garneau , type infâme qui semble s’acharner à vouloir tirer mon moral vers le bas. A coup d’accords sombres et d’envolées vocales d’une tristesse à faire pleurer un clown, il prouve certes qu’il a du talent et de la mélancolie à revendre, mais également qu’il est totalement infréquentable. C’est beau, c’est émouvant, c’est sur,… mais c’est pas ça qui va relancer la croissance !

Beirut , The Flying Club Cup / Tom Brosseau , Cavalier / Chris Garneau , Music For Tourists


Jusqu’à cet album, ma seule expérience de Wilco se résumait au souvenir éthylique d’une volée d’insultes gueulées à leur intention lors d’une prestation scénique des plus soporifiques (intercalés entre Mudhoney et Pixies, Wilco ennuyait le jeune homme saoul que j’étais alors – j’assume…). C’est dire si je fus surpris par cet album, tombé par hasard entre mes oreilles, et dont j’ai bien pensé, pendant un court moment, qu’il figurerait en haute place dans mon top annuel. Mais j’ai la rancœur tenace et ce formidable album de Wilco devra donc se contenter d’un bas de classement. Ce qui n’est déjà pas si mal, au vue des circonstances. Autre album, autre surprise : J’ai un dictionnaire du rock que je consulte que trop rarement. Tout d’abord parce que Google suffit généralement à combler ma curiosité et enfin parce qu’il semble que je me foute un peu, en fin de compte, de savoir qui a été qui et a fait quoi. Robert Wyatt fait donc partie de ces nombreux noms dont j’ai cru comprendre qu’ils faisaient l’objet d’un culte pour certains et qui, à mes yeux, n’évoque qu’une vague possibilité de mot compte triple au Scrabble. A l’écoute de Comicopera , j’ai finalement décidé de mettre un terme à mon ignorance pour prendre le chemin de la rédemption. Patrick Watson semble, lui aussi, vouloir se repentir de quelque chose : sur Close to Paradise , il en fait des tonnes, superpose quantités d’arrangements, multiplie les effets, prenant sans cesse le risque de noyer ses mélodies. Comme si il fallait à tout prix faire oublier quelque chose. Comme si le paradis ne s’offrait qu’au plus zélés. Avec un peu de sagesse et de patience, ce bonhomme pourrait néanmoins bien finir un jour par avoir sa place, lui aussi, dans mon dico.

Wilco , Sky Blue Sky / Robert Wyatt , Comicopera / Patrick Wtason , Close To Paradise


Je m’étais promis de me considérer totalement libre de toutes obligations. Sortir un disque ne suffit pas à s’assurer une place dans mon top, même lorsqu’on se nomme Liars , Frank Black ou Dominique A . Mon indépendance est totale ; ma fanitude, un simple résidu d’adolescence que ma raison ignore. Vous ne m’aurez pas messieurs ! Et puis franchement, de quoi parle-t-on ? Un quatrième album (Liars) forcément pas à la hauteur du sommet que fut Drum’s not Dead ; un disque que Kim Deal et Joey Santiago n’ont pas même cru digne de servir à renflouer leur compte en banque ; l’enregistrement d’une tournée vu et revue… Oui, mais voilà : Même un bras dans le dos, Liars parvient à composer des titres toujours aussi torturés et excitants, lesquels s’insinuent inexorablement au fin fond de mon esprit pour pirater ma volonté et mes émotions ; même un Frank Black de 43 ans qui cherche encore une fois à revivre de vieilles émotions perdues peut éviter le fiasco et parvenir à composer une série de morceaux endiablés lesquels furent responsables de plus d’un torticolis ; même si les prestations de Dominique A sont au moins autant à voir qu’à écouter, réentendre les versions de ‘Pour la peau ‘ et de ‘Bowling ‘ suffit pour me combler de joie et me donner envie de revenir sur mes promesses. Les bonnes résolutions ne durent qu’un temps, c’est bien connu!

Liars , Liars / Dominique A , Nos forces motrices / Black Francis , Blue Finger