La Blogothèque

Top 2007 Rouquinho

10 ALBUMS

1. THEE, STRANDED HORSE, Churning strides (Talitres) : Une kora, une guitare, des voix, huit morceaux hors de toute mode : Yann Tambour, en abandonnant Encre pour ce nouveau projet, change à peu près tout, sauf le niveau d’excellence auquel il maintient sa musique. Un très grand disque qui aura sa place dans toutes les listes de trésors cachés durant ce siècle. Au moins. (C’était sur la blogo en mai).

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2. PRAM, The moving frontier (Domino) :

L’enfant naturel du Come from heaven d’Alpha (1997) et du Writers without home de Piano Magic (2002). Tous les cinq ans, on élit un nouveau président. Tous les cinq ans, un disque d’une liberté infinie prend le pouvoir sur (presque) tous les autres. Travailler le son encore plus pour vibrer plus : votez Pram.

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3. VIC CHESNUTT, North Star deserter (Constellation) :

Il est rare que les talents combinés de deux artistes s’additionnent complètement sans soustraire à l’autre une partie de ce qui les rend uniques. Concevoir qu’ils se bonifient mutuellement relève généralement du pur fantasme. C’est pourtant ce qui s’est produit entre Vic Chesnutt et les Silver Mount Zion. (Extrait du texte produit pour accompagner le Concert à emporter de Vic Chesnutt).

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4. DAPHNÉ, Carmin (V2) : Mais pourquoi, bougresse d’injustice, Daphné n’a pas eu, pour ce bijou, le quart de la hype qui avait escorté Camille en son temps pour Le Fil ? Poétique, cristallin, aérien, libre absolument, placé par moments sous la parenté bienveillante de Barbara, Carmin confirme qu’aucune fatalité ne doit frapper le français dans son expression musicale.

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5. RADIOHEAD, In rainbows (XL recordings) : A chaque fois, la même crainte : et si, à son tour, Radiohead se mettait à radoter, à lasser, à carburer à l’essence ordinaire ? A chaque fois, le même constat d’une parfaite supériorité sur la concurrence. Un souvenir précis : l’album avait débuté depuis 51 secondes quand cette réalité m’a claqué à la face. Radiohead, c’est ce joueur qui n’existe pas, qui passerait de Manchester, à Barcelone, à Liverpool puis au Real à Milan sans jamais baisser de niveau.

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6. THE NATIONAL, Boxer (Beggars) : Plus ça va, plus les albums de The National sont longs en bouche. Mais le cachet de ces chansons ouvragées finit toujours pas infuser l’évidence : ce groupe enchaîne les chef-d’œuvres, sans faiblir, en se renouvelant toujours, même si c’est à petites doses. Un peu comme les Smiths dans les années 80 ou Nick Cave dans les années 90. Références pesées et soupesées avant de les jeter en patûre, ça va de soi.

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7. PJ HARVEY, White chalk (Island) : Vic Chesnutt, Radiohead, The National et maintenant PJ Harvey : les valeurs sûres ont défendu leur bout de gras avec autorité, en 2007, et ça ne me coûte rien de le reconnaître (et je ne parle même pas de Robert Wyatt, The Coral ou Shannon Wright). White chalk permet à tous ceux qui ont toujours préféré PJ la mélodiste à Harvey la sauvageonne de faire enfin leur outting. Bien sûr, on a le droit d’être bi.

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8. RALFE BAND, Swords (Talitres) :

A mi-chemin entre The Coral et Matt Elliott, version européenne de Calexico, un rock-blues ternaire assez minimaliste, franchement séduisant, parfois déroutant (les instrumentaux côtoient les chansons, il y a autant de choeurs que de textes écrits…) mais qui tient remarquablement la distance. Un petit trésor dû à Talitres, que nous élirons label de l’année pour la dixième saison consécutive (même s’il n’existe que depuis 2001).

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9. SANDRO PERRI, Tiny mirrors (Constellation) :

Un album qui ne touche jamais le sol, maintenu au-dessus de la mêlée par une voix flottante, un cuivre ronronnant, une guitare wah-wah captée de loin, une batterie qui accompagne le tempo plus qu’elle ne le donne. Constellation, label de l’année à égalité avec Talitres, comme à chaque fois.

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10. SOY UN CABALLO, Les heures de raison (Matamore) : L’album est séduisant, la liste des invités assez bluffante, mais ces duos masculin-féminin autour d’arpèges peu communs prennent toute leur dimension sur scène (voir leur concert à emporter) ; pas seulement car les Belges ont beaucoup d’humour. Je serai à peine hors sujet (car les musiciens sont quasiment les mêmes, seuls les leaders changent) en rendant ici hommage au premier album de V.O. (Pictures , 2005) et en prenant date pour le prochain (mars 2008 ?), qui semble très prometteur.

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ET AUSSI (non classés) : PATRICK WATSON, Close to paradise / COLLEEN, Les Ondes silencieuses / THE BRASSENS “LA POMPE MODERNE”, Plus dur, meilleur, plus rapide, plus fort / SHANNON WRIGHT, Let in the light / THE GOOD, THE BAD, AND THE QUEEN / THE CORAL, Roots & Echoes / THE BERG SANS NIPPLE, Along the quai / STARS LIKE FLEAS, The Ken Burns effect / SPOON, Ga ga ga ga ga / IRON & WINE, The Shepherd’s Dog / DNTEL, Dumb Luck / BLONDE REDHEAD, 23.

5 CHANSONS

1. BLOOD RED SHOES, Getting boring by the sea (single, V2) : Oubliez toutes vos certitudes sur les duos batterie – guitare, masculin – féminin. Une machine infernale est sur les routes. Rien ne pourra l’arrêter, la rumeur l’amplifiera, jusqu’au succès total, inévitable, écrit d’avance. Deux têtes d’ange, Steven Ansell et Laura-Mary Carter, seront bientôt à la une des magazines pour peu qu’ils se décident enfin à lâcher un album. (Extraits du précédent weblog sur la blogo).

> Voir la video / Sold out

2. COLLEEN, Sea of tranquility (Les Ondes silencieuses , Leaf) : Le moment précis où Colleen est passée du statut de musicienne intéressante à celui d’artiste immense et intouchable, c’est quand elle a interprété Sea of tranquility sous mes yeux au Point-Ephémère en 2006. Gloire à la Providence, ce moment magique figure sur son troisième album. Mais celui-ci ne contient pas un autre morceau que je tiens comme aussi puissant, où des phrases de clarinette plus punchy se nouent, se serrent et s’entremêlent. Vu cette année à Saint-Ouen : ça, c’est très énervant.

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3. THEDO, Playground hustle (sortie janvier 2008) : Le buzz a forcément porté On my shoulder

jusqu’à vos oreilles, et c’est justice. Le buzz est tellement efficace que l’album du duo franco-finlandais, A mouthfull, à sortir mi-janvier, est déjà dans beaucoup d’ipods. Son morceau d’ouverture est une boucherie de pop espiègle et non formatée : percussions fiévreuse, flûte suraiguë, choeurs d’enfants, guitares trafiquées, aucun conformisme dans la structure. Du bonheur en barre.

> En écoute sur myspace

4. DON NINO, Like a virgin (Sur Mentors menteurs , Prohibited Records) : Le hit bourré de glucose 80’s de Madonna mué en folk song mélancolique et ambiguë. Grosse réussite, comme le furent une somme de reprises cette année : Stay tuned (d’Anja Garbarek) par Robert Wyatt, Le Moribond (de Brel) par Beirut, Le Bal, le MIA ou La vibe DJ de La Pompe “The Brassens” moderne, Je suis venu te dire que je m’en vais (de qui vous savez) par Okkervil River, I saw her standing there (première chanson du premier album des Beatles) par Hank Harris, et bien sûr Fodder On Her Wings (de Nina Simone) par Vic Chesnutt.

> En écoute chez Arte / Porque te vas sur le myspace / Acheter

5. THEE SILVER MOUNT ZION & TRA-LA-LA BAND, Take these hands and throw them to the river (only live, bientôt sur Constellation ?) : Enorme concert que celui donné le 17 avril au Cabaret sauvage. Fantastique promesse que cet album annoncé pour le printemps 2008. Take these hands and throw them to the river n’est qu’un morceau parmi d’autres de ceux qu’on attend fébrilement. Option prise pour le Top 2008. Vivement que ça (re)commence.

> Un début d’idée sur youtube / La promesse