La Blogothèque

Jonquil

Un concert à emporter c’est un moment musical à porter dans les rues, un moment où, surprise, les yeux sont grand ouverts (et les oreilles), et surtout c’est un moment où les sourires rencontrés transportent les musiciens et ceux qui les entourent. Ailleurs. Quelque part dans la campagne magique de Jonquil, né à Oxford au bord de l’Isis, près de Cowley road, quelque part où existe une tradition imaginaire et où il reste de la terre sur le sol et des arbres, quelque part, qui n’existe que dans leurs chansons.

Les membres de Jonquil répètent autour d’Hugo, le chanteur-accordéoniste-multi-instrumentiste, dans le jardin de la flèche d’or. Les titres qui nous accompagneront au cours de cette marche à travers le 20ème arrondissement sont sur le nouvel album : Lions et reçoivent les dernières retouches dans ce jardin pour en faire de véritables chansons des rues. Les rythmes nous réchauffent et nous sommes prêts à laisser le folk nous déborder.

Ainsi défile la troupe devant les yeux de parisiens enthousiastes au son de « Pencil, paper », de « Whistle low » et du fantastique « Lions ». Voici où commence l’épopée de Jonquil dans un Paris de début d’un autre siècle, entouré d’enfants aux yeux rieurs et de parents enthousiastes. Nous recevons les recommandations avisées des gardiennes du jardin dans lequel nous réalisons la vidéo du concert à emporter, tandis qu’une petite cour se forme et nous suit le long des murs du père lachaise.

La musique de Jonquil est faite pour ces lieux, le violon de Ben y résonne et les fenêtres s’ouvrent, les guitares de Jody et Robin se mélangent et les dames applaudissent tandis que les percussions de Kit donnent le rythme à notre marche. Sérieusement, depuis que je vis à Paris, je n’avais jamais vu autant de fenêtres s’ouvrir et de sourires inconnus que lors de cette journée. Il y avait quelque chose de magique et le plaisir que Jonquil prenait à jouer dans les rues de Paris a dû flotter encore quelques jours sur les visages des ruelles qui les ont accueillis. La voix d’Hugo nous dépose doucement vers le concert qui aura lieu cette nuit.

« On a notre jardin à fermer » crie la gardienne du jardin à travers « pencil, paper ». Notre chorale improvisée bat des mains, les enfants reprennent leur match de football et on ne peut s’empêcher de se sentir heureux et un peu mélancolique au milieu des fleurs laissées par Jonquil entre les pavés des rues du 20ème.

« In the shade, when no one knows, in the shade we whistle low »

JEREMY MOORS