« Allo M. Libaek, parlez nous de votre album Solar flares
récemment réédité par Vadim Music »
Hé bien voilà. On était en 1974. Quelques une de mes bandes originales de films et téléfilms enregistrées en Australie avaient attiré l’attention de Peer International qui m’a demandé d’écrire un album instrumental avec l’espace pour thème. Il y avait dans le studio un synthétiseur construit ici, à Sydney. Nous l’avons utilisé pour donner une touche futuriste aux morceaux. Je les ai enregistrés avec les musiciens avec lesquels je travaillais habituellement, Don Burrows, Errol Buddle, Johnny Sangster, Georges Golla, Ed Gaston, la plupart membre du quartet de Don Burrows, des musiciens formidables, la fine fleur des session-men de Sydney. »
« Merci M. Libaek. »
Voilà à peu de choses près le contenu de l’interview donnée par Sven Libaek pour la réédition de Solar Flares chez Vadim Music. Pas d’anecdote croustillante, pas d’histoire incroyable, juste le boulot, le job, le normal work. J’écris, j’entre en studio, j’enregistre, c’est mon travail. Je ne fous pas le feu, je ne mets pas de casque de pompier pour faire mon intéressant, je ne sème pas le trouble et la désolation. Même pas une petite fumette les pieds nus dans l’herbe, rien, le vide sidéral.
Alors comment je vais vous le vendre ce disque, moi, comment je vais vous expliquer que je ne passe plus une journée sans l’écouter, que je suis devenu limite obsédé par ses textures cotonneuses zébrées de la froideur synthétique d’un faux Moog, ses guitares wah-wah sur lit de vibraphone, ses trompettes élégantes, sa variété de rythmes et d’atmosphères, ses subtils changements de couleurs qui me donnent parfois l’impression d’entendre les High Llamas perdus dans un film blaxploitation qui se passerait dans l’espace ? En vous disant que les originaux de cette époque du compositeur norvégien s’arrachent des centaines de dollars sur ebay ? Rien à foutre ? Alors j’ose : Solar Flares n’est pas un chef-d’œuvre de l’illustration sonore, c’est un chef-d’œuvre tout court, si tant est qu’on accepte que ce terme puisse désigner un album qui n’est là ni pour changer votre vie ni pour changer la musique. Allez, on essaie. Merci M. Libaek.





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