La Blogothèque

London Calling, this is London Calling

All transmitters to Full….All receivers to Boost…This is London Calling, This is London Calling…

Si vous l’ignoriez, comme c’était mon cas jusqu’à il y a quelques semaines, feu Joe Strummer eut, à partir de 1998 une émission sur le World Service de la BBC. Notre homme y passait les disques qui lui tenaient à cœur, entrecoupés d’imprécations fiévreuses dans le plus pur style de l’ancien parolier des Clash.

(deleted Video : http://www.youtube.com/watch?v=xg3md__8IaQ)

Et ce sont par ces termes qu’il débutait chacune de ses diffusions. Dans le récent documentaire qu’il consacre au chanteur, une des (nombreuses) bonnes idées de Julien Temple fut de réutiliser ces bandes. C’est finalement l’un des rares moments du film où Strummer se raconte lui-même, où il s’adresse à nous.

Passons, donc, sur les mérites et les défauts du film : il a au moins ce mérite. Joe Strummer nous parle, directement, sans fard, comme si nous étions collés à notre poste de radio, comme un vieil oncle rassurant, comme FDR au milieu de la grande dépression. Il nous dit son amour absolu de la musique, quelle qu’elle soit. Sa fascination pour la musique turque, indienne, égyptienne ou kenyanne (autant de pays qu’il visitait enfant pendant les vacances, y rejoignant son père diplomate qui y était stationné), mais aussi cubaine, colombienne, jamaicaine.

Les bribes que Temple nous donne à entendre laisse entrevoir une voix unique, un éclectisme ouvert et rayonnant. Alors ? Quelqu’un pour trouver ces enregistrements ? Quelqu’un pour les éditer ?

Sur le net, je ne trouve pour l’instant que cet essai, qui raconte notamment la première émission :

On August 29, 1998, from “Bush House, in the heart of London,” Strummer debuted his world music show on the BBC. (…) On cue, Strummer, with morse code tapping and air raid sirens wailing in the background: “All transmitters to pull. All receivers to boost. This is London Calling. This is London Calling . . . .” Wow. The post-apocalyptic, pirate radio D.J. crackling out of the ether to save our descendants from the boy bands and the Britney Spearers of the future, the machine-made pap that kills all the real music, the music that arises from the people, from life, from experience, and not from the factories of soulless later capitalism.

Then, the first song, Trini Lopez’s cover of Woody Guthrie’s “This Land is Your Land.” The perfect moment: the self-named Joe Strummer-who used to call himself “Woody” Mellor in honor of his folk hero-spinning a vision of inclusiveness and solidarity as performed by a Chicano star of the 1950s and 60s: “This land was made for you and me.”

Comme certains compilent les black sessions de Lenoir, collectionnent les pins à l’effigie de Chuck Norris ou empilent dans leurs garages les vieux exemplaires de Martine, il doit bien se cacher quelque part un individu suffisamment passionné et éclairé pour avoir patiemment enregistré, classés et conservé ces 3 années d’émission. Il faut le trouver d’urgence, non ? La chasse est ouverte.