La Blogothèque

Boyz N the Wood

C’est devenu un classique, une procédure ISO 9001. Une requête sur MySpace, signée The National Parcs, be my friend, un coup d’oreille vite jeté sur le premier morceau qui se lance entre le café et un coup de vélo, en retard au boulot. C’était au milieu de l’été, il faisait moche et le fleuve débordait.

Et toute la journée ce morceau revigorant, Border Patrol , qui trotte dans la tête; son battement tribal, son vernis électro forcé mais finalement bienvenu, son dandinement caribéen.

Du hip-hop qui veut explorer quatre directions pour le prix d’une, qui mise tout ce qu’il sait de soul, de gospel, de funk et d’afrobeat. C’est trop et c’est bon. Et au bout de 20 lectures en boucle l’envie de cliquer sur la deuxième piste disponible, longtemps freinée par la peur d’une immense déception -finalement contredite. Une vidéo aussi, trois gars dans la forêt en train de mettre des coups de latte dans des buches, méchamment en rythme.

(deleted Video : http://www.youtube.com/watch?v=z-MVeSvJZLI)

Un mail et des recherches en ligne : vous êtes qui, vous faites quoi, c’est quoi ce groove qui prend aux chevilles? Une piste vers Freeworm, « vétéran du hip-hop montréalais » dit la bio, connais pas. Retour au Québec donc – on n’en sort pas -, vers des explications qui éclairent la texture très organique des morceaux: pour leur premier album, Timbervision , les trois National Parcs se sont enfoncés dans les grandes étendues boisées avec micros et enregistreurs pour capter des sons – bois, pierres, eau, vent, machines… – qui forment l’armature rythmique des 13 pistes.

Mais comme Vincent Letellier, Chimwemwe Miller et Ian Cameron (qui a extrapolé des saynètes autour du processus et en a tiré un DVD qui ne fait qu’un avec l’album) sont des gens de goût, ils ont soigneusement évité de faire de ce retour à la terre un système envahissant, et laissé le disque prendre aussi d’autres couleurs au mixage.

Création de baroudeurs du son expérimentés -et même s’il s’enlise en fin de course (Brother From Another Mother , le genre de fond de cuve pas indispensable…)-, Timbervision fait discrètement honneur au cliché du vent frais qui souffle sur le genre: les National Parcs tentent là d’inventer le hip-hop des grands espaces. Si KRS-One avait grandi à Chicoutimi, voilà ce qu’il aurait produit à 20 ans.

- Le site de The National Parcs

- Écoutez Border Patrol

- Écoutez Clickety Clack