On a entendu les douces inflexions de son violon chez Sufjan Stevens et au sein de My Brightest Diamond, puis le timbre de sa voix entremêlée aux mélopées graves de Matt Berninger sur Boxer. On l’a vu aussi perchée sur un rocher à Central Park pour un Concert à Emporter de haute volée, consacré à son camarade Inlets et avant ça au sein de l’Osso Quartet au MusicNow Festival.
Elle est l’une des plus belles voix de ce folk nouveau, très new-yorkais et très élaboré. Et elle sort enfin, avec l’aide de tous ses illustres amis, son « Wedding Day » qui est comme une opale, à l’éclat discret et fuyant, dont on découvre les facettes jour après jour.
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IRON & WINE – Sodom, South Georgia :
C’est une chanson qui est tout simplement d’une douceur parfaite, le tambourin et la guitare qui se balancent librement, et la voix de Sam Beam si proche du micro que vous avez l’impression d’être dans l’arrière-cour de quelqu’un en train d’écouter un concert impromptu. Cette chanson est tellement liée à l’été dans mon esprit que j’en viens presque à souhaiter qu’il ait enregistré des cigalles en trame de fond. C’est cheesy, je sais, mais c’est comme si je les entendais dans ma tête. J’ai un merveilleux souvenir de cette chanson dans une voiture aux fenêtres baissées, assise avec un ami, nous traînant sur une route venteuse sur la rive nord de Long Island au crépuscule. Nous avions passé la journée à prendre des photos au grand air, et c’était la chanson parfaite à écouter à la fin d’une journée comme celle là. C’est aussi une adorable chanson à écouter maintenant à la fin de l’été.
This is just such a perfectly gentle song, the tambourine and guitar loosely swinging along, and Sam Beam’s voice so close on the mic you feel like you are sitting in someone’s backyard listening to an impromptu performance. It’s so connected with summer in my mind, that I almost wish he had tracked some cicadas to sing in the background, cheesy I know, but I kind of hear them in my head. I have a beautiful personal memory of sitting quietly with a friend of mine, listening to this song in a car with the windows down, creeping along a windy road on the north shore of Long Island at dusk. We had just spend the day taking pictures in open fields, and it was the perfect thing to hear at the end of a day like that, and a lovely song to listen to now at the end of summer.
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RUFUS WAINWRIGHT – Going to a Town :
C’est une chanson élégante et pourtant, c’est aussi de façon très éloquente et très directe une protest song. Rufus adresse directement ses frustrations à « l’Amérique », comme s’il corrigeait un enfant gâté, ou quelqu’un dont il ne serait plus amoureux. Ce sentiment de déception et de frustration correspond à ce que beaucoup de gens traversent ici : il y a naturellement de la colère, et une envie de crier et de hurler sur tout ce qui ne va pas dans ce pays, mais je pense que pour beaucoup d’entre nous il y a un sentiment, comme il le dit, d’avoir été abandonné. Et on se demande pourquoi ce pays qui peut potentiellement être si grand fout tout en l’air continuellement. Je n’ai encore jamais eu le désir ou le courage d’écrire une chanson qui exprime une quelconque frustration politique ou culturelle : c’est un exercice difficile et dangereux pour qui ne veut pas tomber dans le piège du donneur de leçons. Mais je trouve que dans cette chanson, Rufus s’en sort à merveille, en transformant ses frustrations personnelles en quelque chose de culturellement plus objectif. Je dois aussi dire que les accords et les harmonies à la toute fin du morceau, lorsqu’il étire la mélodie, sont tellement beaux et tellement satisfaisants que, quel que soit le sujet de la chanson, je l’écouterais obsessionnellement.
This is an elegant, and eloquently direct protest song; Rufus directs his frustrations directly at “America,” as if he were chastising a spoiled child, or someone he has fallen out of love with. This feeling of disappointment and frustration are what I think a lot of people are going through here, of course there is anger and the desire to yell and scream about what’s wrong with this country, but I think a lot of people feel a sense of, like he says, being let down, asking why does this potentially great country continuously blow it. I have not yet had the desire/guts to write a song that expresses any political or cultural frustrations, it’s a tricky thing to do well without sounding preachy or whiny, but I think that in this song, Rufus does an amazing job of turning his personal frustrations into something more culturally objective. I also have to say that the chords and harmonies at the very end of the tune, where he stretches out the melody, are so gorgeous and satisfying that no matter what the subject of the song, I’d still be listening to it obsessively.
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BLONDE REDHEAD – 23 :
Cette chanson est tellement épique, dès le début. Je n’ai aucune idée de ce que Kazu Makino raconte, à part “2, 3” et “la la la la la”, et pourtant ses longues lignes mélodiques me donnent l’impression qu’elle est sur le point de conquérir le monde. Si je peux laisser libre cours à mon côté nerd musical pour un instant, j’aimerais aussi faire remarquer que cette chanson emprunte énormement au “Where I End and You Begin” de Radiohead, particulièrement la basse et la batterie. Elle fait briller ces éléments encore plus, cependant, elle les couvre de paillettes et les propulse dans le ciel, elle les libère pour qu’ils puissent jouer avec des guitares en queue d’hirondelles (sic) et avec la voix réverbérée de Kazu. Le résultat : une joie exstatique et continue qui me donne envie de sauter plus haut, de courir plus vite et, en fait, de tout faire mieux.
This song is so epic, right from the get go, I really have no idea what Kazu Makino is saying, beyond “2, 3” and “la la la la la,” but still her long melody lines make me feel like she’s about to conquer the world. If I could let loose my inner music-nerd for a moment, I’d like to point out that this song borrows a lot from Radiohead’s “Where I End and You Begin” especially in the bass and drums, but it shines these elements up, covers them with glitter and shoots them off into the sky, let loose to play around with dovetailing guitars and Kazu’s reverberous vocals. The effect is continuous, ecstatic joy that makes me want jump higher, run faster and do everything, well, just more.
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TIM FITE – Away From The Snakes :
Tim Fite est un performer miraculeux : c’est tout à la fois un précheur du Sud, un rapper, un vendeur de voitures et un chanteur de country nasillard. Ses concerts sont parmi les plus divertissants que j’ai jamais vu, et il est tellement charismatique qu’il parvient même à faire chanter à pleins poumons de stoïques Brooklynites (moi-même y compris). Cette chanson, comme la plupart de qu’il écrit, parle des petits. C’est une complainte sur l’Homme, sur l’argent et les femmes, et le sentiment de ne rien pouvoir y faire. La musique est basée sur un motif pincé en ostinato, rempli jusqu’à ras-bord de jolis cuivres biscornus, de beaux choeurs et même de quelques secondes de tim rapant “That’s what I’m talking about, Money. You ain’t got it, but you want it. Fuck it.” Tout est dit.
Tim Fite is a miraculous performer, he is a southern preacher, a rapper, a car salesman and a twangy country singer all wrapped up into one. His shows are some of the most entertaining shows I have ever seen, and he’s so charismatic he gets even the most stoic Brooklynites to sing along at the top of their lungs (including yours truly!) This song is for the little man, as most of his are, a simple complaint about The Man, how he’s got the money, and the women, and there’s nothing to be done about it. The music is based on a plucky ostinato pattern, filled out with nice and quirky brass and percussion, pretty backing vocals and even a few seconds of Tim as rapper, “That’s what I’m talking about, Money. You ain’t got it, but you want it. Fuck it.” Nuf said.
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DANIELSON – Kids Pushing Kids :
J’ai récemment décidé d’écouter beaucoup d’artistes qui utilisent des instruments acoustiques dans un cadre bruyant, pour apprendre de leur songwritting, et l’écriture de Daniel Smith est vraiment unique, et très différente de la mienne, à tel point que je découvre plein de choses rien qu’en parcourant ses chansons. Il n’a aucune peur dans son rapport à la forme, dans sa façon de parfois perdre le rythme dès qu’il en a envie, passant rapidement des textures les plus chiches, économes, aux plus pleines. Ces talents sont parfaitement employés dans cette chanson. J’adore la façon dont les accents sur le rythme bouge d’avant en arrière : c’est un de ces tours qui ont l’air confus si on les regarde de trop près mais qui sont totalement satisfaisants si on se contente de les sentir. C’est une autre de ces chanson où je n’ai pas une idée très claire de ce qui se dit dans les paroles : je suppose que je pourrais les chercher, mais là, tout de suite, je pense que la musique est suffisamment pleine d’une folle énergie qui s’entrechoque et qui part dans tous les sens pour capter toute mon attention pour un bon moment
I’ve been purposefully listening to people who use acoustic instruments in loud settings a lot recently, for my own songwriting education, and Daniel Smith’s writing is so unique, and so different from my own, I am learning a ton from working through his songs. He’s absolutely fearless in the way he looks at form, losing the beat whenever he feels like it, quickly switching from full to spare textures, and these skills are in full effect in this song. I love the way the accents on the beat shift back and forth, it’s one of those musical tricks that’s confusing if you look at it too closely, but super satisfying if you just ‘feel it.’ This is another song where I don’t have a clear idea of what is going on lyrics-wise, I guess I could look them up, but right now I think the music has enough energy and dance-around jangliness to keep me preoccupied for quite some time!





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