La Blogothèque

Dear Old Blighty

C’est un projet qui nous tient à cœur : un jour, nous vous proposerons une série sur la musique et l’histoire.

Comment l’une influence l’autre. Comment elles se répondent. Et ce qui fait que « Who killed Davey Moore » demeure, comment dire, légèrement plus pertinent que « Mandela day »…

En attendant, écoutez-donc, en amuse-gueule, cette chanson de 1916, en hommage aux Tommies impatients de rejoindre leur chère île. Une chanson qui dira quelque chose aux fans d’un groupe anglais des années 1980.

Blighty, c’est la maison , comme on dirait « Paname » ou « Pantruche ». On se perd en conjectures sur les origines du terme.

C’est une chanson dont les personnages, Jack Lee, MacFayne, Mike O’Shea, l’Anglais, l’Ecossais, l’Irlandais, sont britanniques. Britanniques, ils le sont devenus à la fin du XIXe siècle, a défaut d’être unis. Les guerres coloniales, contre les Zoulous, en Afghanistan sur la North-West Frontier , au Soudan, ont forgé la nation. Dans l’armée, on ne dit plus « Scot » mais « North British » pour désigner les régiments écossais.

Autre chanson tout aussi symbolique de cette époque, It’s a Long Way to Tiperrary (ici interprétée en 1914 par James MacCormack), est agrémentée, après 5 années de tranchées, par un nouveau refrain, rendant hommage à notre belle culture française qui aujourd’hui s’expulse plus qu’elle ne s’exporte :

That’s the wrong way to tickle Mary,

That’s the wrong way to kiss!

Don’t you know that over here, lad,

They like it best like this!

Hooray pour le Francais!

Farewell, Angleterre!

We didn’t know the way to tickle Mary,

But we learned how, over there!

Britannique, cette chanson ne l’est certes pas. Elle met en scène un bon gros bouseux irlandais, un « Paddy », qui déboule à Londres et n’en croit pas ses yeux. Une chanson que l’on vous déconseillera donc d’entonner dans un pub de Dublin, si vous tenez à vos dents.