La Blogothèque

Ritournelles

C’est une voix comme on les aime. Une fille dont la voix charrie un peu de terre et des tornades d’échardes. Une voix qui râle, une voix de traverse, une voix un peu voilée, qui pile du verre et qui finit par faire jaillir un peu de lumière, un peu de feu. Une voix qui ne se précipite jamais, qui, comme le vent, sait que le temps travaille pour elle. Une voix de bayou, un peu, comme une petite rivière claire qui sort d’un marais. La petite soeur, parfois encore hésitante, d’une Sybille Baier ou d’une Vashti Bunyan.

Le tout posé sur un écrin folk aux mélodies incertaines et aux couleurs trompeuses, comme estompées : arpèges à la Drake ou à la Buckley père enchaînés à des guitares spectrales qui défilent au loin et à des petits instruments (toy piano effleuré, violon en pizzicato) qui esquissent à peine quelques motifs en contrepoint.

Ca s’appelle “Sweet Hereafters” , peut-être en référence au roman de Russell Banks et au film d’Egoyan. Un peu plus loin, histoire de se mesurer d’entrée à ce qui se fait de mieux, EliotE tutoie la mélancolie de Billie Holiday en livrant une version envoûtante de “Strange Fruit” , littéralement habitée par une très belle deuxième guitare.

Le tout figure sur un premier EP autoproduit, “Goodbye Ghosts” , disponible via myspace.

EliotESweet Hereafters

EliotE @ myspace