La Blogothèque

65 jours et des poussières

Aux Eurockéennes dimanche dernier, pendant que Tony Allen se grattait derrière sa batterie en regardant Damon Albarn faire le romantique, il se passait un truc énorme dans la Logia, la scène paumée tout au fond où il fait sombre et chaud: [65daysofstatic-> http://www.myspace.com/11488230] démontait les amplis sans tournevis.

Pourtant, ils partaient de loin les gars de Sheffield. Sur disque, le son de leur post-rock instrumental vaguement indus, mi-atmosphérique mi-lourdingue, donne envie de s’enroler dans une milice afghane pour les empêcher de reproduire cette douloureuse expérience. C’est glacial et stérile, et je ne sais toujours pas ce qui m’a entraîné à dépasser le stand du Roi de la tartiflette savoyarde pour aller les voir. Peut-être le regard perdu de Tony Allen justement, qui devait lui aussi rêver de milice afghane.

Donc, miracle. 65daysofstatic sur scène, c’est deux guitares au son de poignards, une basse qui traine par terre et fait trembler les organes, et une batterie qui arrive à multiplier les plans courageux sans jamais oublier d’être méthodiquement violente. Tout ça attaque d’un coup, se retourne avec un sens du contrepied remarquable, se répand, lance trois notes de clavier rond ridicules sur le disque et qui là offrent les quelques centimètres cube d’air qui permettent de ne pas crever enseveli sous les décombres.

Le problème maintenant, c’est qu’il faudra aller à Londres ou en Belgique pour les voir cet été, et que personne ne croira ce que je raconte. Je vous poste tout de même une vidéo, encore très loin de leur set de dimanche, mais toujours mieux que leur moche visage sur disque. Et si vous les croisez dans un festival, faites un détour, ça vaut le coup.

A relire, 65Days… sur la Blogothèque :

- The Fall Of Math

- Godspeed s’enthousiasme pour One Time For All Time en une seule phrase