Ramassons nos petits cailloux et remontons la piste de ces groupes qui soudainement se retrouvent tout en haut de la butte hype. Suivons les traces de Vampire Weekend, elles sont pleines de surprises.
La première fois pour moi, c’était en février, sur Music-For-Robots. Un morceau, Oxford Comma , décrit par le blog comme un besoin de soleil dans un New-York sous la neige. Un morceau évident, une progression en douceur, une légère excentricité en fin de couplets, juste ce qu’il faut de rémanence, et un brin d’exotisme. Le morceau reste sur le iPod.

Passent les mois, passe Stereogum, quelques autres, arrive juin et l’explosion. Alors que la rumeur enflait déjà à un rythme bon enfant, le New-York Times s’en empare, c’est parti : la musique new-yorkaise avait un petit besoin d’alizées et de décomplexion.
Or, chose étrange et délicieuse à la fois, le premier à avoir parlé de Vampire Weekend est Benn Loxo du Taccu, blog spécialisé dans les musiques africaines, dans un billet rendant hommage à ces musiciens occidentaux qui, « grâce à l’internet, grâce à la diversité, aiment tout simplement le son d’une guitare du Ghana ou un morceau pop du Cameroun ».
Voilà à rebours la meilleur façon d’expliquer Vampire Weekend. Quatre garçons qui n’ont jamais au envie de faire autre chose que de la pop, mais ont su la faire tremper dans d’autres soleils. On est certes loin des métissages ambitieux et étourdissants des Dirty Projectors évoqués ici-même, on n’osera pas même parler de tropicalisme ou quoi que ce soit. On a juste l’impression, avec Vampire Weekend, de retrouver les Spinto Band en vacances à Niamey ou Kingston. De jeunes NewYorkais qui ont piqué la guitare de Fela pour faire du ska, qui aimeraient que chez eux, on bouge les fesses comme à Soweto et font donc comme si, avec des tambours à eux. Ils ont demandé avec le sourire s’ils pouvaient essayer leurs instruments.

Appelez-ça AfroPop, appelez ça Pop, parlez de Paul Simon ou de je ne sais quoi, je ne sais en tout cas qu’une chose : les quatre chansons que j’ai pu écouter sont jouissives et rafraîchissantes. Rafraichissantes car imparfaites, parfois maladroites, et surtout trop souriantes pour sembler se soucier de leur gloire éphémère.
Elles ne survivront peut être pas aux derniers soleils d’été, ces chansons. Quatre bières fraîches, garçon.
-> Ecouter Oxford Comma
-> Ecouter A-Punk





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