La Blogothèque

La gloire programmée des Blood Red Shoes

A une certaine époque, on nous bassinait beaucoup trop à mon goût avec The Kills , et je crains que ce ne soit reparti en ce moment avec les White Stripes . Oubliez toutes vos certitudes sur les duos batterie – guitare, masculin – féminin. Une machine infernale est sur les routes. Rien ne pourra l’arrêter, la rumeur l’amplifiera, jusqu’au succès total, inévitable, écrit d’avance. Les Blood Red Shoes … Les deux têtes d’ange Steven Ansell et Laura-Mary Carter étaient à Paris la semaine dernière en première partie de Maxïmo Park . Ils avaient déjà joué à la Flèche d’Or, et Arte avait flairé le bon filon (voir Tracks).

A l’heure qu’il est, le buzz a déjà un volume considérable : la tournée des bambins de Brighton traverse l’Atlantique, les chiffres de leur myspace explosent, les produits dérivés sont déjà en vente, des clips très pros existent, et l’équivalent d’une équipe de foot s’occupe de leurs intérêts.

(deleted Video : http://www.dailymotion.com/swf/hFqe3hisBpYIVdI1E)
Blood Red Shoes – You Bring Me Down
envoyé par im_not_okay

Il ne manque qu’un album. Les cinq singles de leur maigre discographie (sur cinq labels différents) ne rassemblent pas toutes les bombes de leur répertoire. La rumeur a couru que c’était pour le 11 juin. V2 s’est contenté d’un EP. Cette musique là est meilleure en live, mais on fera quand même l’ouverture du magasin le jour J, pour retrouver un bout de “ça”.

Les Blood Red Shoes doivent leur nom aux chaussures blanches couvertes du sang de Ginger Rodgers qui, selon une histoire vraie datée des années 40, s’est un jour esquinté les pieds jusqu’à la torture à force de répéter la même prise. C’est un peu ce qui guette leurs doigts chaque soir sur scène, l’une à la gratte, l’autre à la batterie. Leur son ? La page myspace parle de “Grunge / Punk / Disco House”. Admettons une sonorité proche de The Rapture , qui serait un duo… En interview, ils se décrivent comme un groupe de pop. OK, à condition que les Pixies ou Maxïmo Park puissent être rangés dans la meme bonbonnière. Quans ils chantent tous les deux, il est inutile de chercher à chasser le souvenir de Franck Black et Kim Deal . Avec le quintette de Newcastle, ils partagent cette écriture racée, trop classe, qui ne confond pas l’efficacité avec le simplisme.

Au final, un son déjà reconnaissable, un bijou de complémentarité. Non, le rock n’est pas mort. Il ne prend même pas de vacances en juillet.

Le site official (dont un mp3)

La page myspace (quatre titres)

Interview par le NME