Il y a quelque chose de lunaire chez Jamie Lidell, ce fou chantant aux émotions violentes et contraires qui s’amuse à faire le grand écart entre une soul de crooner et des manipulations d’electro trash barrée. On était une poignée de la Blogothèque lors de son précédent passage en terre parisienne et on frémit encore en se souvenant de ce concert en forme de ravage : notre homme avait débarqué très tardivement sur la scène du Point FMR, sur les coups de 23 heures, en boxeur à la démarche incertaine et vacillante habillé d’un peignoir doré – avant de nous coller, comme il se doit, une série d’uppercuts en rafale en pleine tronche, nous emmenant à travers la nuit dans une sorte d’orgie pleine de sueur.

Ce jeudi soir, après avoir passé les quelques mois qui viennent de s’écouler à donner un successeur à Multiply , cet ovni soul signé sur Warp, et à aider sa bonne copine Feist à enregistrer The Reminder , Jamie Lidell est donc de retour dans le cadre du festival Villette Sonique pour un concert “spatialisé” (sic) dans la Géode. Et il se murmure dans les couloirs que Vincent Moon, après avoir déjà filmé notre bonhomme, pourrait être dans le coin avec sa caméra.
Certes, les plus grincheux pourront nous reprocher de parler tard d’un concert déjà complet. Jamie Liddel ne sera donc ici qu’une belle excuse pour faire un rappel sur le reste du menu de Villette Sonique. Ses programmateurs ayant fait un boulot qu’on peut raisonnablement qualifier de remarquable, ce dit-festival accueille par ailleurs une foultitude de gens très excitants : commencons par First Nation (que l’on avait filmé en Concert à emporter l’été dernier), Fennesz qui invite Mike Patton, et les champions d’Europe en titre de la mélancolie évaporée, Mùm, au Cabaret Sauvage samedi soir.
Mais surtout, surtout, chers lecteurs… Samedi soir, au Cabaret sauvage, un musicien rare sera là pour nous enchanter de ses piécettes. Pascal Comelade, orfèvre de l’infime, réarrangeur magnifique et minimal, capable de sortir le sublime d’instruments jouets originellement destinés au seul vacarme, avec son Bel Canto Orchestra.
Et le lendemain, l’un de nos chouchous, Jens Lekman. Toute personne l’ayant vu en concert sait qu’il sait sur scène sublimer la mélancolie de ses disques, et lancer de magnifiques fêtes pop.





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