Ze Roberto , alias José Roberto Bertrami est un nom que vous ne pouvez pas rater dès lors que vous vous intéressez à un certain pan de la musique brésilienne, de celle qui fricota avec la soul, le jazz et le funk au début des années 70. Pianiste marqué par la bossa nova et le jazz dans les années 60, il devient dans les années 70 un des artisans de l’introduction des sons électroniques au Brésil avec ses claviers, synthétiseurs Arp, Moog, Fender Rhodes qu’il trimbale de sessions en sessions. Son nom contamine les productions brésiliennes de l’époque, vedettes confirmées, bandes sons de telenovela, disques de reprises groovy, il est partout, seul ou avec ses comparses du futur et légendaire Azimuth (puis Azymuth pour des histoires de droits). Bertrami , aussi talentueux que prolifique, a marqué la musique brésilienne, celle que j’écoute fréquemment en tout cas. La preuve par quatre, avant de s’intéresser au vaisseau amiral, Azymuth .
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Ana Mazzotti – Agora ou nunca mais
En 1974, Azymuth est dans les starting blocks. Le groupe mitonne son premier album qui sortira en 1975 et c’est un Ze Roberto affûté, accompagné du bassiste et du percussionniste du futur Azymuth , qui participe à ce premier disque d’une chanteuse de Jazz inconnue, Ana Mazzotti . Ce disque éponyme, sous titré Ninguém vai me segurar sort sur Top Tape en 1974 et si Internet n’a gardé que peu de trace d’Ana Mazzotti, il est facile d’y trouver ceci : son premier album est un rêve de fusion jazz, funk, et samba dont la légèreté tient de la formule secrète. La voix chaleureuse d’Ana Mazzotti est distanciée juste comme il faut. Elle plane sur les sons flottants des claviers de Bertrami – cette alliance de nappes synthétiques et de borborygmes joints en strates complexes est sa marque de fabrique – la rythmique est moelleuse, précise, vivante. Sur Ninguém vai me segurar , son, qualité d’écriture et fraîcheur se sont combinés pour traverser le temps. 30 ans après sa sortie, les Agora Ou Nunca Mais , Roda Mundo , Eu Sou Mais Eu , la reprise de Feel Like Making Love continuent de narguer par leur grâce toute tentative de Nu Jazz un peu lounge.
Marcos Valle – Não tem nada não
La rencontre avec Marcos Valle fut essentielle pour Bertrami et ses comparses du futur Azymuth, Ivan (Mamão) Conti – Alex Malheiros – Ariovaldo Contesini, le contraire fut vrai aussi. Marcos Valle fit appel à eux au début des années 70 pour la BO d’un film sur le coureur automobile brésilien Emerson Fittipaldi . Le groupe pris alors le nom de Conjunto Azimuth , d’après le titre d’une chanson de Marcos Valle sur Mustang Cor de Sangue .
C’est dans la foulée que Marcos Valle fit appel à Bertrami pour arranger son dernier chef d’œuvre 70′s, Previsão do tempo , sorti en 1973. Lui et Ze Roberto laissèrent libre cours à leur amour des sons aqueux produits par ces petits oscillateurs aux comportements hasardeux. Le disque visite, du Brésil, les territoires soul-funk des modèles américains ou encore les contrées spatiales et groovy déflorées dans les bandes sons européennes de l’époque. Não tem nada não , un des joyaux de l’album, réunit sur un seul morceau les noms de Marcos Valle, Bertrami, João Donato et Eumir Deodato . Le résultat est cette petite merveille syncopée d’une incroyable modernité. On aimerait juste qu’elle s’étire à l’infini …
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Pendant ces années de studio, durant lesquelles s’est forgé le style Azymuth , Bertrami, Mamão et Alex ont tout fait, et en particulier groupe maison pour ce label foutraque qu’était CID, un label sur lequel se mélangeaient purs produits commerciaux (disques de reprises lounge, disques de Noël …) et des choses improbables comme Azambuja & Cia , excellent disque d’osmose samba et funk enregistré par deux vedettes de la télé, Chico Anysio et Arnaud Rodrigues [Les deux comiques s'illustraient sur le même label avec un groupe parodique, [Baiano e os Novos Caetanos .]]. On retrouvait également Ed Lincoln et sa bande d’énergumènes, Ed Lincoln et son orgue spectaculaire, comme l’annonce le dos de la pochette de cet album de 71. Bertrami est de la partie (arrangements) et les saccades du vieil Hammond, trop marquées 60′s, laissent la place à la chaleur fun des nouveaux sons. Ecoutez Assim nao da : Tout le monde porte des rouflaquettes et des couleurs qui font mal au yeux, on vient de changer de décennie et c’est la fête.





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