La Blogothèque
Concerts à emporter
#49

Damon and Naomi

D’abord, forcément Galaxie 500 , impossible de ne pas y passer. Groupe culte et trop méconnu de la fin des 80s, au son unique qui allait déteindre sur grande partie des années 90 à venir, découvert pour ma part tardivement via un excellent dvd sorti chez Plexifilm voilà deux ans. Venant de Boston et composé de Dean, Damon et Naomi, Galaxie 500 explose au bout de quelques années sous-estimées et trois albums. Dean s’en va former les plus mainstream Luna , pendant que Damon et Naomi restent en couple.

J’avais rencontré Dean l’été dernier à NY accompagné de Britta, pour une charmante session vidéo, notamment souterraine. Alors évidemment, Galaxie 500 en tête, l’envie plus que évidente de ‘me faire’ l’autre moitié. D’autant plus que des gens partageant plusieurs albums avec Michio Kurihara de Ghost ne peuvent que…

Naomi Yang et Damon Krukowski vivent à Boston, aiment le vin français, et avaient promis de venir à Paris l’espace de quelques semaines de dégustation. C’était en janvier dernier, il devait faire froid dehors, les lumières du ‘Vieux Campeur’ inondaient la rue du quartier de Maubert où l’appartement était situé. Et le vin était délicieux.

Damon et Naomi avaient d’abord prévu de ne faire que deux morceaux, et ce furent deux reprises – la première des Everly Brothers, I Wonder If… , la seconde de Bob Dylan, Oh Sister . Deux morceaux paisiblement lents, vieilles balades qui trouvaient exactement leur place autour de bouteilles vidées et roses fanées (la rime est jolie mais les roses n’avaient pas eu le temps de faner).

On est passé dans le salon pour le troisième morceau, le long et envoûtant Araca Azul , qui évolue vers le milieu en Earth is Blue .

Il est rare que l’on tourne les vidéos en intérieur, et ici il ne se passe donc presque rien. Pas de passants qui hurlent, pas de voitures qui klaxonnent, pas d’anecdotes pour la ramener. Juste deux musiciens qui jouent, et une camera qui se balade sans en rajouter non plus.

J’ai mis un bon bout de temps avant de regarder ces vidéos. Mon souvenir s’était légèrement troublé, il me restait les emails de Naomi insistant un peu pour que l’on mette les vidéos en ligne au plus vite, et une fin de soirée avec un dernier morceau de trop, un peu tous en roue libre fatiguée. En revoyant ces images, ces rushes et ce montage, quelque chose reste, évident, surplombant la musique même: des rires, des éclats, de la douceur surtout. Une présence au monde loin du bruit fait par d’autres.