Ici, à la Blogothèque, on ne fait pas les choses à moitié. Quitte à liquider un mois, autant le faire avec une année entière. C’est vrai quoi, entre un White Album
et un Beggars Banquet
, cette année 68 a fait beaucoup de mal à la musique populaire – pour reprendre l’expression de Christian Clavier à propos de la Nouvelle Vague. A cause de trucs comme White Light/White Heat
, A Banda Tropicalista
, An Electric Storm
, Astral Weeks
, Caetano Veloso
, The Kinks Are the Village Green Preservation Society
, Machine Gun
, A Tramp Shining
, At Folsom Prison
, Gris-Gris
, Song Cycle
, etc., on ne fait plus « aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid
« .
Pour s’en convaincre, il n’y qu’à écouter les titres proposés ici : entre Albert Ayler qui ne fait rien qu’à salir la
musique de jazz en y incorporant des éléments qui n’ont rien à y faire, les Byrds qui saccagent le folk américain et veulent inciter la jeunesse occidentale au rassemblement tribal sous l’influence de l’ignoble David Crosby – et pourquoi pas du triolisme pendant qu’on y est ?! -, les Zombies (Ils portaient bien leur nom, ceux-là !) qui font l’apologie de la désertion en temps de guerre (« I want to go home », au gnouf, oui !) et enfin Scott Walker, crooner décadent s’il en est, qui nous inflige ses visions alcoolisées de pervers ! On le voit, cette année 68, c’est un peu déjà « le cauchemar et la complaisance, c’est l’ennui et les latrines
» qu’un grand intellectuel[Si vous n'avez pas reconnu Jean Cau, vous avez gagné le droit de vous dénoncer [ici.]] voyait dans la sélection française du Festival de Cannes 1973.





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