Commencons tout d’abord par ce à quoi vous avez échappé ce vendredi : les joies conjuguées des souterrains de l’information et du web deux-point-zéro m’ont permis de réécouter l’intégralité de la discographie de Loop et je comptais bien en remettre une couche – je savais que ça ferait plaisir à une personne au moins, ce qui est à peu près le but que je me suis fixé dans ce mp3-blog. Puis, au moment de rédiger ceci, ce sont d’autres mélodies qui me sont venues en tête, à base de grosses guitares, d’arrangements de cordes et de voix écorchée, féminine et américaine. Après avoir vérifié que ce dont je vais vous parler est un tant soit peu disponible (plutôt peu que tant mais j’imagine que vous ne serez pas une cinquantaine à vous ruer dessus non plus), j’ai ressorti ce disque que j’avais acheté chez Gibert en occasion, l’ai posé sur le chariot et ai appuyé sur les touches PLAY et REPEAT.
La première fois que je l’ai vue et entendue chanter, je ne savais pas qu’elle était la demi-soeur de Bryan MacLean (de toute façon, je ne connaissais même pas Love) : elle était à la tête de Lone Justice, groupe cowpunk qui faisait les belles heures de l’émission Musicalifornia aux côtés d’autres formations encore plus étranges (Meat Puppets, X, Minutemen, ce genre…) qui s’étaient mises en tête de mélanger la country des origines avec une électricité toute post-punk.
La deuxième fois, je n’ai rien vu ou écouté. J’ai d’abord lu un article de Francis Dordor[[Les Inrockuptibles n°45, p.36-37.]], du genre de ceux qui vous font acheter un disque les yeux fermés. Il y est question d’orchestrations proches de celles de Bowie, de climats walkeriens et d’une fille qui n’a jamais su rester à la place qu’on aurait bien voulu lui assigner (« (…) un tour bien plus futé joué à la barbe des observateurs, pour qui Maria McKee se situe dans un périmètre quasi fictif, non répertorié sur les cartes d’état-major musicales quelque part entre Sheryl Crow et PJ Harvey. « ) ou même se trouver une place tout simplement.
En jetant un coup d’oeil aux trois vidéos un peu pourries ci-dessous, l’internaute avisé remarquera assez vite qu’il y a un petit problème dans ces extraits live
: tel un Jimmy Scott dont les gracieuses interprétations sont plombées par des accompagnateurs un poil cachetonneux, on a vite le sentiment que Maria McKee
est seule sur scène – en tout cas la seule à ressentir ce qu’elle joue. On se rassurera cependant à l’écoute des trois titres que j’ai sélectionnés la mort dans l’âme, rien de tel n’est perceptible sur Life Is Sweet
, dont elle a écrit et arrangé les cordes avec Bruce Brody (co-producteur et musicien sur ce disque, il en a également assuré la production et le mixage avec elle). Et puisque nous sommes dans l’hyperbole justifiée, sachez que j’échangerais volontiers un seul de ces titres contre toute la discographie de PJ Harvey.





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