
« Eclectique et électronique, la force pop est en lui. Dondolisme sort le 19 février et j’ai soudain hâte. »
C’était il y a deux mois, j’avais hâte.
Puis l’album est sorti et je ne vous en ai pas reparlé : il fallait bien que je l’écoute, ça prend du temps, une écoute attentive. Alors voilà. Et d’emblée une remarque : Dondolo est un petit branleur. Commencer par ce qui est sans doute le morceau le plus faible de l’album, sorte d’appel à l’indulgence (pas si) drôle pour son personnage (pas si) décalé, à base de name dropping (Henry Guibet, Gotainer et Cure), même sur le mode du Formidable de Oui-Oui [le groupe français des années 80 dont sont issus [Etienne Charry et Michel Gondry.]], c’est bas quand on a sous la main certains des morceaux présents sur le disque. « pas si décalé » que ça parce que Dondolo nous ressemble, un de ces types qui ne veut pas grandir malgré les enfants, le boulot, l’âge adulte machin, un de ces nouveaux père enfant à la modernité dans le rétroviseur, trentenaire doux rêveur, les pieds en équilibre entre 70′s et 21ème siècle. Un doux irresponsable, capable de chanter d’une voix de falsetto passée au vocoder, dans une comptine synthétique réminiscente du Eyes without a face de Billy Idol , « Let your daddy sleep, he was drunk yesterday » . Un enfant de Jacno & Christophe , de Daft Punk & Mr Oizo , François de Roubaix et Oui Oui , le résultat d’une certaine idée de la musique made in France.
J’avais accroché d’emblée sur J’ai deux amours , comptine pop synth d’amoureux non solitaires (« j’ai deux amours, élodie et lala. A l’une je fais l’amour, à l’autre gouzi-gouza »). Des dizaines d’écoutes plus tard, sa perfection pop naïve dessinée à coup de borborygmes synthétiques me donne toujours autant le sourire. C’est la porte d’entrée, le tube en puissance du disque dans un monde enchanté. Dans celui plus réel des médias dominants et du jugement rapide il y a The question of will , bombinette pop électrique absolument imparable et chantée en anglais (et le talk over urbain du malin La ligne du temps ). Parmi les morceaux non entendus sur myspace, un joyau, Chanteur à succès , hommage à peine déguisé à Christophe (les claviers atmosphériques empruntés aux Mots bleus ). Un morceau tout bêtement juste, sur le fond et dans la forme (le chant las, la mélodie lancinante), émouvant. J’suis chanteur à succès .
Pour le reste, Dondolisme de Dondolo révèle écoute après écoute sa singularité, charme par ses manières bontempi et non sensiques (flying Hervé Perrin , L’amithomane ), désarme par sa sincérité (Zarte melody ) avant de devenir totalement addictif par la grâce de ses mélodies évidentes et décomplexées. C’est bien simple, j’aime le morceau d’intro maintenant.





Commenter