Je ne me souviens ni du jour, ni de l’année (était-ce 1989 ?) de ce concert dans un endroit aujourd’hui disparu qu’on appelait « Dunois » (métro Nationale) et qui ressemblait à un assemblage des maisons de Naf-Naf et Nif-Nif. Des années plus tard, vivant dans le quartier, je suis souvent passé devant une espèce de MJC en béton orange située rue Dunois qui accueillait des concerts de speed métal, mais ma mémoire n’arrivait pas à mettre en parallèle ces deux lieux.
Je me rappelle très bien l’accident marquant de ce concert : en plein milieu d’une version longue à venir de « Straight to Your Heart », nous voilà plongés dans le noir complet et le silence total. Après avoir baigné dans la lumière blanche stroboscopée et des drones électriques pendant plus d’une demi-heure, le réveil est brutal : Robert Hampson lâche un « Fuck ! » tandis que le batteur, comme hypnotisé, continue de jouer le temps de quelques mesures. L’installation électrique n’a semble t-il pas résisté à l’assaut des quatre hommes en noir. Le courant revenu, ils annoncent qu’ils vont continuer à jouer même si le coeur n’y est plus.
Leurs morceaux, contrairement à certains de ceux des Spacemen 3, n’ont jamais quitté ma mémoire. Wolf Flow a toujours un son douteux, Fade Out est toujours leur album parfait, leurs reprises sont toujours aussi dispensables (exception faite peut-être de « Mother Sky »), je n’arrive toujours pas à choisir ma version préférée de « Arc-Lite » – ou peut-être devrais-je parler de déclinaisons – et « Afterglow » reste toujours un signe de ce qu’aurait pu devenir ce grand groupe mesestimé.

A réécouter leurs oeuvres, on pourrait développer une théorie (plus que banale) disant que décidemment, les grands groupes de la fin du siècle dernier ne sont pas ceux qui recyclaient maladroitement de la pop sixties ou récoltaient les lauriers d’Hüsker Dü (Honnêtement , quel groupe oserait aujourd’hui se réclamer des Boo Radleys ou des Pixies ?) mais plutôt ceux qui oeuvraient dans les marges et dont l’influence continue de flotter présentement.
Si je n’ai pas ici à prêcher les convaincus, je peux espérer que certains découvriront Loop et pour le coup, j’aimerais bien être à leur place – en attendant les rééditions…





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