La Blogothèque

Is your IQ higher than mine ?

Dans cette chanson d’Hello Saferide, il y a tout d’abord une sorte de handclap qui sonne comme si elle se cognait le front contre la vitre en regardant dehors un jour de pluie. Il est régulier comme un métronome. Il est stable, il rassure peut-être, mais il souligne surtout la question posée avec insistance. Comme si elle ne pouvait pas se la sortir de la tête.

Dans cette chanson d’Hello Saferide, il y a une fille qui compte en murmurant. Il y a quelques notes de piano, minimales, qui ne prennent jamais trop de place. Il y a une chanteuse qui ne lâche la bride à sa voix que l’espace d’un instant. Il y a un tambour qui résonne, qui martèle les interrogations une fois qu’elles sont posées. Il y a une simplicité pop quasiment inaccessible au commun des mortels. Il y a l’évidence mélodique rare d’une fille qui nous fait croire qu’elle chante comme elle parle et qu’elle parle comme elle chante, qui nous fait croire à son impudeur, qui nous fait croire qu’on peut déclarer sa flamme en trois accords et demi.

Dans cette chanson d’Hello Saferide, il y a une fille toute simple qui pose des questions que la plupart d’entre nous tairaient. Qui les liste même, avec méticulosité, avec précaution, avec un sens du détail réjouissant qui va de la façon de manger aux petites habitudes télévisuelles (parler devant Seinfeld) en passant par toutes ces exs qui sont sans doute trop belles. Une fille qui dit ses complexes, ses peurs, ses hantises et qui en rit au moins un peu. Qui dit ses doutes, dans un demi-sourire. Qui a peur de ne pas être assez intelligente ou trop faible, trop riche ou pas assez belle…

Une fille qui voudrait se rassurer avant de plonger, mais qui sent bien qu’il est déjà trop tard. Vraiment trop tard. Y’a bien quelqu’un qui va lui répondre ?