La Blogothèque

Mark, le carillon, les glaces et les oiseaux

On ne sait pas grand chose de Mark David Ashworth. On sait qu’il est texan, qu’il a joué dans un groupe qui s’appellait Ink et un autre qui s’appellait The Press, et qu’il passe fréquemment la frontière. On sait qu’il aime vivre dans des hôtels, à Lima et à Mexico, et qu’il s’enregistre depuis une dizaine d’années.

Il enregistre les sons qu’il entend lorsqu’il ouvre ses fenêtres et on les retrouve dans ses chansons, qu’il s’agisse de sirènes de police, d’orages assourdissants, d’un joueur de carillon, du moteur de la petite camionnette d’un marchand de glaces ou du chant des oiseaux au petit matin. Il écrit des chansons en pensant à la première rencontre entre les colons espagnols et les mayas du continent en 1517 (Something We Can Hold In Our Hands), ou bien en revoyant Lima et ses vendeurs d’oeufs (Robin’s Eggs).

Parfois il rêve qu’il sait jouer du violon. Parfois il rajoute des petites guitares mexicaines, des cloches et des trompettes à ses fragiles compositions. D’autres fois, il invite une fille qui s’appelle Crystal à chanter. Parfois il se contente de quelques impressions, des choeurs qui s’estompent sur quelques bidouillages et le lent tempo d’une guitare espagnole. Parfois, il va jusqu’à raconter une histoire.

Cela tient plus du carnet de routes, du bloc-notes d’un impressionniste en goguette qui déambule à travers la ville, qui se pose à la terrasse des café, qui s’arrête sous les porches, monte aux belvédères, visite les chapelles et s’allonge dans les jardins.

En explorant son site et le petit journal qu’il tient, on pourra tomber sur le carnet de notes de notre bonhomme, plein de petits croquis d’hommes trop grands et pourtant perdus, de gullivers aux formes sommaires, et sur les enregistrements épars de cet homme qui dit ne pas se souvenir du temps où il ne faisait pas de musique. Aujourd’hui, il a rassemblé tout cela, fait son tri, complété certains morceaux en allant jouer du piano et de la batterie chez sa mère à Dallas, pour en faire « Viceroy », un premier album entièrement fait main disponible sur son myspace pour 8$.

En passant, on pourra se rendre également sur la page d’Ink, groupe aujourd’hui défunt. Malheureusement, puisque l’on retrouve le même vagabondage sonore, les mêmes déambulations aléatoires, mais soulignés par une tension qui est absente de ces travaux en solo, le fait d’une guitare électrique qui habille merveilleusement un très beau “Void Blinking Light”.

Puisqu’il faut choisir, pour vos oreilles, essayez donc :

- Granma

- Harmsway

- Eggs