La Blogothèque
Concerts à emporter

Brassland

Brassland est le label managé par Alec Hanley Bemis, écrivain musical (notamment pour le LA Times ) et vieux vieux pote d’école des jumeaux Dessner (The National). Le label a d’ailleurs été fondé par eux trois, sortant les deux premiers albums des National (et le magnifique ep Cherry Tree) et les quatre disques de Clogs. Un ‘petit’ label mais qui a marqué pour nous de belles rencontres, idéal donc pour ouvrir cette nouvelle série des Concerts à Emporter – les ‘Lab Series’ dédiées à des labels amis et aimés, mises en ligne de façon assez aléatoire, quand ça nous chante.

C’était donc l’été 2006, il faisait bien chaud ce jour là, Alec m’a embarqué dans sa voiture qu’il conduit comme un cliché de New-Yorkais tendu, prêt à écraser n’importe qui, juste parce que ça va pas assez vite.

Baby Dayliner – Morning Sun

Réal : Vincent Moon

Tourné à New York City, Juillet 2006

On a d’abord filé vers Park Slope, quartier encore méconnu de Brooklyn (enfin, vu depuis chez nous) qui abrite de plus en plus d’artistes et musiciens délaissant le très trop branché Williamsburgh et Dumbo en starbuckification avancé. Quartier plutôt agréable, aux petits immeubles presque particuliers et aux arbres encore un peu sauvages.

Ethan ‘Baby Dayliner‘ a une piscine dans le jardin. Je crois bien que c’est la seule chose qui m’a interpellé chez lui, avec sa colloc Lena – sud africaine ou zimbabwéenne, un truc plutôt classe. Alec voulait d’abord que l’on tourne en voiture pour filmer dans la caisse, une sympathique idée foireuse – route défoncée en permanence, des bonds en plein milieu des morceaux.

Retour piteux à la piscine donc, avec Lena qui met une bonne heure à enfiler son maillot de bain, et Ethan qui se prépare avec une boom box achetée un peu plus tôt pour l’occasion. Parce que Baby Dayliner est un ‘crooner’, un qui joue seul sur scène avec sa valise remplie de sons. Un rigolo poseur, aux disques excellents, très amusants précis de décomposition d’un homme moderne.

Pendant ce temps là un troisième larron s’amène, qui va poser comme tout le monde, au fond de la piscine. Mise en scène un poil ridicule, juste ce qu’il faut. Lena flotte bien. A la fin Alec m’engueule, j’ai même pas filmé la boom box.

ERIK FRIEDLANDER – Airstream Envy

Réal : Vincent Moon

Tourné à New York City, Juillet 2006

On file toujours aussi vite vers Soho, on écrase deux trois passants débiles, avant de débarquer dans le superbe loft de l’immense Erik Friedlander, violoncelliste aux collaborations captivantes (John Zorn, Laurie Anderson…) et au jeu complètement fou. Beau comme son père Lee Friedlander, immense photographe de la rue et du jazz au 20ème siècle, récemment honoré par une rétrospective qui a tourné un peu partout.

On se décide à monter sur le toit de l’immeuble, et l’après-midi touche à sa fin. La fille d’Erik, qui devait aussi s’appeler Lena, nous amuse et nous fait flipper à se rapprocher un peu trop près du bord de la terrasse. Erik reste assez impassible, imposant sa carrure et sa nouvelle coupe de cheveux qui ne lasse pas de surprendre Alec. Il joue sans archet, et le soleil disparaît en tirant une jolie révérence.

Baby Dayliner a sorti son second album chez Brassland en octobre 2006. Erik Friedlander y a sorti ‘Maldoror’. En 2007, Brassland devrait sortir le mythique album de Vojtech et Irena Havlovi, ‘Little Blue Nothing’. Mais c’est une autre histoire, qui va bientôt commencer.