Il arrive qu’on soit satisfait d’être arrivé en retard, de découvrir un peu par hasard un projet déjà bien entamé. Paleo a entamé sa folle journée il y a 307 jours, il en est presque arrivé au bout, et j’ouvre seulement son coffre à merveilles. Chic, il n’en est que plus plein.
Paleo s’appelle David Strackany et il a décidé de voyager, de voyager et de jouer. Depuis presque un an, il va de ville en ville, à travers les Etats-Unis, joue presque tous les soirs, dans de petites salles de concert ou des pizzerias pourries, et s’astreint à l’écriture et l’enregistrement d’une chanson quotidienne, où qu’il soit quoi qu’il fasse.
Aujourd’hui, donc, on en trouve 307 sur son site. Il s’arrêtera le 15 avril prochain.
Mais tout ça, c’est de l’anecdote. Ce genre de projets tient rarement la route, s’effiloche avant la fin, n’accouche pas de la moindre chanson potable, tourne vite potache. Pas avec lui. Paleo est un M. Ward jeunot qui est resté sur les routes, peut-être même cette chimère après laquelle M. Ward semble courir au long de ses albums. On retrouve les mêmes intonations de voix, le même jeu de guitare hésitant entre virtuosité et discrétion, le même talent de conteur dans ses paroles. Le 29 avril 2006, il a enregistré The Morning Lisa Dies en Floride, et on jurerait le fantôme de l’autre en train de jeter les bases d’une chanson avant que Paleo n’explose comme Two Gallants à lui tout seul.
J’ai découvert Paleo via Daytrotter, site ami avec qui nous nous entraidons sur la version américaine des Concerts à emporter. Daytrotter enregistre des groupes en live dans son studio de Rock Island. Paleo y est passé plusieurs fois, il leur a offert neuf chansons : alors que chaque jour, il enregistre avec les moyens du bord, avec les bruits de fond, elle prennent chez Daytotter une autre ampleur. Ecoutez l’une de ses plus belles (enfin, parmi celles que j’ai écoutées), Three steps to the big dream i dream , une superbe digression sur les cheveux d’une fille, chez Daytrotter et sur son site…
Ce qu’il faut surtout faire, c’est lire les histoires qu’il raconte pour chaque chanson offerte sur Daytrotter, comme celle de cette Canadienne qui a quitté son lit, traversé la rue pour venir s’asseoir au premier rang de la salle de concert et a attendu la fin d’une chanson pour lui expliquer qu’elle avait vraiment… besoin de dormir. Il faut aussi lire le commentaire qu’a laissé le père de Paleo sur le site, faisant craquer son gamin, c’est beau à en pleurer.
On prendra donc le temps de piocher sur son site. N’hésitez pas à dire quelles chansons vous y avez trouvé. Et on peut rêver, rêver d’une invitation en France, où il viendrait dormir chez vous, chez nous, chez les uns et les autres, et ferait un autre carnet. On peut toujours rêver…
- Bien sûr il a un MySpace






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