Franchement, j’y allais à reculons. Un concert pitoyable, inepte, regrettable au Trabendo l’an dernier m’avait grandement refroidi sur les qualités de scène de Clap Your Hands Say Yeah. Et à bien y regarder, on avait l’impression que la moitié de la salle partageait ce fatalisme : qu’importe, Elvis Perkins et les Cold War Kids feraient probablement l’affaire, nous verrons après pour le crash test de ce groupe qu’on préfère aimer sur disque.
Mais voilà. Tout le monde est reparti avec le sourire. Je n’avais pas vu depuis longtemps l’intégralité d’une fosse bouger comme ça. Plus fort encore : on a vu à au moins trois reprises Alec Ounsworth sourire et remercier sincèrement le public.
En un an, les Clap Your Hands Say Yeah ont appris à faire une balance. Alec Ounsworth, leur chanteur, a appris que communiquer avec le public et montrer qu’il prenait plaisir à chanter servait à quelque chose. Mieux encore, il ont appris à faire un tracklisting. Alors que l’an dernier, ils juxtaposaient des morceaux mous et mal préparés pour ne sortir Satan Said Dance qu’en pré-rappel, ils ont cette fois-ci su mettre la patate dès le départ, alterner tubes et chansons plus exigeantes, ne presque jamais nous ennuyer.
Au trois-quart du concert, cette peur, tout de même : six morceaux du premier album, seulement trois du deuxième. Le groupe, trop heureux d’enfin maîtriser son premier disque, avait-il peur de se lancer sur le second ? Ce doute fut heureusement balayé par une version splendide, oui, splendide, de Goodbye To The Mother & The Cover , aidée par les cuivres d’Elvis Perkins, en fermeture d’avant rappel.
Et ce rappel bordélique, gospel malsain, introduisant la chanson titre du premier album en compagnie du Cold War Kids, nous a redonné de l’énergie. J’étais venu blasé, je suis reparti conquis. Ce soir, les Clap Your Hands Say Yeah ont ravivé ma flamme.





Commenter