Le Philippe Dumez est rarement avare de mots, vous en avez eu la preuve ici pendant quelques temps. Alors quand je reçois un mail de lui où tout est marqué dans le titre, qui ne comporte pas de lien, rien, si ce n’est une petite phrase vite tapée disant son émotion et traduisant un sentiment d’urgence, je ne peux que m’exécuter.
« vas écouter tout de suite chris garneau, « music for tourists », c’est boulversant ! » , disait le mail.
Là, on ne bouge plus. Le MySpace de Chris Garneau s’ouvre sur un piano lent, une voix seule, délicatement doublée, dont le timbre possède une bizarrerie fluette, une folie contenue, comme si on entendait le petit frère de Daniel Johnston chanter en luttant contre l’engourdissement. Cela s’appelle We Don’t Try , c’est beau et lent comme quelqu’un qui aurait attendu l’extrême fatigue avant de parler, histoire de voir les émotions atterrir en terrain rugueux et sensible à l’extrême.
Et Dumez avait raison. C’est bouleversant.
Je m’étais, parmi mes résolutions 2007, promis de ne pas citer certaines personnes comme des influences de nouveaux groupes lorsque la citation devenait paresse. Me pardonnerez-vous, dès lors, de citer ici Sufjan Stevens, si je motive ce choix ? Ecoutez Castle Time , pensez à Wayne Gacy Jr. ou Concerning the UFO Sighting Near Highland, IL
, vous y trouverez la même danse un poil désarticulée entre le piano et la voix, la même progression de l’instrumentation, la même structure cubiste et faussement bancale du morceau.
Le premier album de Chris Garneau sort ce mardi chez Absolutely Kosher. Il s’appelle Music for Tourists. Et s’il est à la hauteur des quatre morceaux entendus sur MySpace, nous tenons là un grand monsieur.






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