Elles sont partout. Dans les blogs, chez les gens, dans les baladeurs mp3, dans les bacs. Surtout dans les bacs. Elles sont partout : les compils. Avez-vous remarqué l’espace qu’occupent désormais les compils partout où la musique se vend ? Elles semblent se reproduire, annexent les territoires nos bons vieux albums de jadis. Je ne prétends pas que les galettes Various artists datent d’aujourd’hui (la plus fameuse et la gargantuesque Anthology of American Folk Music , remonte à 1952), ni que l’industrie est en train de découvrir leurs vertus (il y a 18 ans de cela, les majors inondaient les télés pour vendre des « best of top 50″ baptisés autrement, entre une pub pour le boursin et un autre pour Telefunken, et ça continue). Je ne parle pas non plus de la profusion des CDs dans les magasines, ni de l’explosion des disques-hommage aux artistes pas forcément vivants (The Smiths is dead il y a dix ans, Buckley père et fils, Brassens, Gainsbourg aujourd’hui, un Pet Sounds Tribute existe depuis quelques jours), ni des échantillons édités de façon routinière par les festivals (ceux des Transmusicales valent toujours le coup), encore moins des panthéons perso gravés à la maison et distribués au potes. Même les exceptionnels disques édités par la presse musicale anglaise (Mojo et Uncut pour aller vite), qui a réussi cette année, entre autres, à réenregistrer Revolver et rassembler des astres psychédéliques dans un CD rendu culte par sa pochette détournant Pink Floyd (Psych out ), même ça, donc, n’est pas au coeur de mon sujet, même si ce sont des tendances lourdes.

Il est ici question des compils, les vraies, celles dont l’hitoire commeciale n’est pas différente des autres disques. Désormais, elles ne sont plus rangées – que dis-je, ostracisées – dans un bac à part. Mais là, au milieu des groupes à la mode. Le CBGB’s ferme ? Une compil. Rough Trade naissait il y a trente ans ? Une compil ! Tel label fête un anniversaire ? Compil bien sûr. Tel autre veut promouvoir sa ligne éditoriale ? Com-pil. Par cette brève tribune, j’aimerais rendre un hommage simple à quelques anthologies qui, ces derniers mois, ont été pour moi des disques importants, aussi important que des albums. Avec l’intuition qu’il y en aura davantage avec le temps, puisque notre époque faite de ballaeurs mp3 se prête à leur consommation. En double-albums et en coffrets, plus que jamais.

A part les disques sus-cités, en vrac : Talitres is 5 (pour Talitres, aller aussi voir sur le site officiel du label, il y a presque de quoi se faire un troisième disque parallèle), 1995 – 2005 : Ten Years Of Prohibited Records, Pitchfork: Infinite Mixtape Series #1, Folks Pop In At The Waterhouse, Tôt ou Tard (plutôt tôt, plutôt tard), Rock action Vol. 1, Song of the silent land du label Constellation, Help A day in the life (au profit de l’association warchild), notre maître à tous Soul Sides, le Cadavre Exquis de Cabaret Walter. Prix spéciaux du jury aux compils Acuarela et au label Fargo, qui ne renonce jamais à distribuer une compil maison avant les concerts de ses artistes. Les autres, je vous laisse les présenter.





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