Ah quel dur non-métier que celui de blogueur. Depuis quelques semaines, le nouveau Clap Your Hands Say yeah était de sortie. Mais protégé, surveillé, au compte-goutte. J’ai passé des jours à supplier, magouiller, louvoyer, négocier, attendre, espérer. Il aura fallu promettre que juré, je voulais juste jeter une oreille sur la chose, allez, promis… Deux semaines de gesticulations pour qu’enfin je puisse appuyer sur la touche play et écouter le nouvel album de Clap Your Hands Say Yeah. J’avais même prévu de faire une vidéo pour vous en donner à entendre sans donner de mp3 (ben oui, j’avais promis).

Et pam, je tarde, et le groupe a changé son site et donné deux extraits, plus un sur sa page MySpace. Et vous allez donc pouvoir constater par vous même : vous allez être comme moi, vous allez être surpris.
L’album a beau contenir trois morceaux joués en live depuis de longs mois par le groupe, Alec Ounsworth a beau avoir gardé intacte sa cloison nasale, j’ai passé mes deux premières écoutes du disque à dresser l’oreille, ne m’attendant pas à ces audaces de production, à ces morceaux tordus et cotonneux (Love song n°7 ), à ces jeux sur des choeurs de petits Alecs (Mama, you won’t keep them castles in the air and Burning ? qui commence étrange et finit capiteuse à souhait), à ce vieux blues cradingue qui tourne à la pop Syd Barettienne (Arm and Hammer ), à cette chanson qui ressemble à une fin de soirée sous acide entre Dylan et Phil Spector (Emily Jean Stock )…
C’est un album dense et foisonnant, un album compliqué et enthousiasmant, qui part dans toutes les directions, une espèce de disque work in progress comme on aimait les concevoir à la fin des années 60. Un disque où même Dave Fridmann nous surprend : lui qui est connu pour donner homogénéité et consistance à des groupes en manque de maturité semble ici s’être ouvert à toutes sortes de drogues.
L’une des grandes réussites de l’album, c’est sans doute la version définitive de Satan Said Dance . Déjà, en concert, ce morceau était l’un des rares à réveiller la salle par son énergie brute posée au milieu de sets souvent paresseux. Ici, on est épaté par sa production, à la fois efficace et expérimentale, une ligne de basse bondissante posée sur un tapis d’improvisations à la John Zorn, un bric à brac acéré, pointu, piquant et enivrant. Allez l’écouter sur leur page MySpace. Moi je tourne la tête dessus, et je dis merde merde merde à tout ceux qui ont cassé le groupe avant de l’apprécier.
J’aime ce groupe. Voilà. Sortie le 30 janvier.
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