La Blogothèque

Il est mouru, ToyFight

Au début de Minute Song , on a l’impression que le ukulélé trébuche, a du mal à se caler sur le rythme. L’intro au piano de Hidden Second est longue, et il y a cette fraction de seconde où on se demande où elle veut en venir, avant que le morceau ne commence vraiment. Le chant est souvent un peu timoré. Il arrive que les xylophones se plantent, que les morceaux finissent un peu brutalement. Mais ça marche, ça marche même très bien.

Il y a quelques mois, le groupe Toy Fight nous avait contactés sur MySpace. J’avais aussitôt aimé leurs chansons, sans doute grâce à tous ces petits défauts qui ne faisaient que souligner leur audace. Chez eux, ils semblait que peu importe l’application, pourvu que l’on garde l’élan, que l’on saisisse la mélodie et le glokenspiel au vol.

Je voulais en parler, j’attendais une raison, la voilà : Toy Fight vient de splitter. Et a sorti un album pour la veillée funèbre. Un album qui reprend les chansons que l’on connaissait sur MySpace et d’autres morceaux qui gardent la même fraicheur, la pop cueillie à même la branche. Les Toy Fight y essayent un peu tout : la guitare surf, le piano de saloon, les morceaux amples et ambitieux, les comptines à deux voix. Surtout, ils savent écrire des chansons. On pense aux Nantais de Da Capo, qui nous avaient charmés il y a presque dix ans, à L’épaisseur d’un cheveu de Melon Galia, aux Papas Fritas des débuts, à tous ces groupes qui n’attendaient pas d’avoir trouvé leur Nigel Godrich, d’avoir su pomper tous les groupes qu’ils aimaient pour se lancer sur leurs chansons.

La bonne nouvelle, c’est que les têtes ont déjà repoussé. Et dans les débris de cette auto-mutilation collective, on distingue mieux les influences comme les personnalités. Ces têtes s’appellent (Please) Don’t Blame Mexico, Mina Tindle, Saibu, Henry Sparrow, Franz.S VS Lorenzo. On y sent du Belle and Sebastian, quelques grammes de CatPower, un peu de Tim Hardin, du Moldy Peaches parfois… Et j’avais beau aimer ce groupe, je suis presque plus excité par tout ce que devrait donner son sacrifice.

Pour les fleurs et couronnes, il suffit d’acheter leur album, c’est par là.