On n’a plus vraiment besoin de vous présenter Hank Harry. Par contre il nous faut vous parler de son dernier album. On vous avait en effet laissé en avril avec les deux singles annonciateurs de l’album sans avoir le temps ensuite (ô paresse, ma douce amie!) de vous parler de la pièce de résistance.
Avec « The Girl of my Dreams
« , Hank Harry a le courage de faire un petit pas de côté plutôt que de suivre, en courant, le chant des sirènes. En effet, au lieu d’enfoncer rapidement le clou des productions léchées et des arrangements soignés de son précédent et très réussi « Far From Clever « , il choisi de sortir, seul (pas de Lovely Cowboy Orchestra cette fois) ou presque (rencontre déterminante avec Félicie Heymoz ), un album plus bricolé, plus spontané, clin d’œil évident (son premier album s’intitulait « The boy of your dreams « ) et véritable retour aux sources. Plus spontané mais non moins réussi, que du contraire. Un disque entier, avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses peines, ses mélodies entêtantes (« Superworld « , « So easy to make me cry » ) et ses comptines émouvantes (« Sleeping There « , « I love the weather « ), ses introspections pudiques et ses extraversions mesurées. Un disque de transition, donc, où, l’air de rien, Hank Harry semble avoir pris le juste recul pour mieux aller de l’avant.
Aujourd’hui, Hank Harry nous fait l’immense plaisir d’être des nôtres et nous régale d’une petite sélection très éclectique de morceaux variés, à l’image de son album : des regards sur le passé et d’autres résolument tournés vers l’avenir; de belles mises à nu et un brin de folie aussi. Son « doudou musical » à lui.
Bonne écoute et bonne lecture.
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Hank Harry : « Pas vraiment d’obscures formations ou de découvertes complètement surprenantes, enfin, je crois pas… Mais une sorte de doudou musical, de ces chansons et artistes qui me touchent réellement et me toucheront toujours… »
- Detroit Grand Pubahs Featuring Miss Kittin –
After School Special
(from « Funk All Y’all « )
« La première fois que j’ai écouté ces fous furieux, je n’en revenais pas, tout était ici jouissif, funky et chaud comme c’est pas permis.
Et sur cet album, une chanson qui malgré un second degré très souligné, se révèle profondément mélancolique.
Parvenir à rendre triste avec du drôle, je trouve ça toujours plus fort que tout…
Cette histoire de femme entretenue est bouleversante et entêtante…
Trop fort. »
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- F R David – Words
(from « Words « )
« Depuis tout petit, cette chanson va chercher en moi les sentiments les plus doux. D’accord, on peut trouver ça kitch et « cucul la praline » quand
on écoute ça comme ça mais cette chanson est tellement évidente, tellement simple, tellement fédératrice qu’il me semble qu’elle soit un chef d’oeuvre de pop crève coeur. Il faut vraiment ne jamais avoir été amoureux pour ne pas se sentir touché par cette chanson. »
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- Joanna Newsom – Peach, Plum, Pear
(from « The Milk-Eyed Mender « )
« La première fois que j’ai entendu ce morceau je me suis vraiment demandé à quoi j’avais affaire… Une petite fille, une vieille femme, les deux ?
Il y a tellement d’exagération dans cette chanson, tellement d’entrain dans le jeu et dans le chant, tellement d’emphase… De l’innocence aussi, la vraie, la pure, celle contre quoi on est en principe totalement désarmé. »
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- Urge Overkill – Dropout
(from « Saturation « )
« Avant Pulp Fiction qui fit connaître ce groupe plutôt garage, j’ai acheté un album de Urge Overkill pour sa pochette et une critique encourageante
dans je ne sais plus quel magasine. Je voulais ça, du rock’n'roll garage limite boogie, bête et méchant, euphorique. Sur cet album pourtant, la perle rare, le titre qui n’a rien à voir avec le reste, la chanson qui me rend tout chose. Entêtante, groovy et follement mélancolique, tout ce que j’aime. Avec les Lovely Cowboys nous avons très souvent joué ce morceau en concert et ce fut un bonheur immense à chanter et à partager… Au point qu’il volait presque la vedette aux autres titres joués autour… »
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- AC/DC – Dirty Deeds Done Dirt Cheap
(from « Dirty Deeds Done Dirt Cheap »
« Mes premiers pas dans le rock and roll. A la maison c’était Johnny, Harry Bellafonte et Nana Mouskouri. Les Capriolis, mes voisins d’en face ayant
un grand frère plus âgé, c’est en toute discrétion que nous écoutions et observions vinyles et cassettes. Je me souviens surtout de Scorpions pour
certaines pochettes devenues cultes (le sein chewing gum…) et AC/DC qui outre les pochettes imparables possédait un son ahurissant. J’avais l’impression
d’aller faire un petit tour en enfer. La pochette de Dirty Deeds est pour moi une des plus belle pochette de rock de tous les temps. L’idée graphiquement géniale des caches sur les yeux, les gens, le décor, les couleurs, le mystère
et le symbolisme. Jusqu’au titre qui même si on ne sait pas ce qu’il veut dire sonne déjà comme du rock and roll. Dans ce disque, que du vrai, du dur, de l’efficace,
du senti, de l’habité et des hymnes à la désobéissance et à la liberté. »
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- Johnny Cash – One
(from « American III: Solitary Man « )
« Je suis certain que plein de gens n’osent pas dire que U2 est un groupe qui compte. Moi je considère ce groupe comme majeur, ils ont écrit « with or without you ‘haha’ », une des 5 plus belles chansons de tous les temps, non ? Certes, pas mal de scies pseudo-contestataires avec drapeau au vent donnent la colique mais des chansons comme « One » donnent plutôt la chair de poule non ? Johnny Cash, le plus grand chanteur et songwriter de tous les temps ne s’y est pas trompé en la reprenant. Ici, il est presque impossible de ne pas avoir les larmes aux yeux. Il suffit d’aller chercher quelque part un petit souvenir malheureux aux premiers accords et dès le premier refrain, en principe, les larmes coulent. C’est quand même fou le pouvoir de la musique, de la voix. Johnny Cash, un type comme un autre qui, en une vie, en une poignée de temps, devient une icône. Toute personne qui veut chanter, raconter des histoires, faire passer des émotions se doit d’écouter les 5 premières et les 5 dernières années discographiques du Cash. C’est la base, le pain. »
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- Stephen Jones – Keys to the brain
(From « Almost Cured Of Sadness « )
« Baby Bird a été un déclic pour moi, sans aucun doute. A la fois la possibilité de faire des chansons pop imparables avec des moyens très réduits mais aussi la possibilité , avec ces mêmes moyens, d’aller parfois dans les tréfonds de son âme. D’être à la fois dans la projection pop et dans l’introspection la plus sombre. Ici sous son vrai nom, il prouve qu’on peut à la fois faire une musique intime, personnelle et diablement groove. Une démarche aventurière. Trouver le beat improbable, les sons qui détonnent ou dénotent et surtout, on le sent, rentrer en soi-même pour des voix à la fois entêtantes et malades. Une folie communicative et sautillante sortant d’un cerveau dérangé. Il y a quelques années, ce gars sortait pratiquement un album tous les 6 mois. Maintenant il se fait très rare. Se serait-il
fait soigner ? Le Syd Barrett des temps modernes ! »
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Bonus : La vidéo de Words, pour le plaisir





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