La Blogothèque

Son nom est personne

Aujourd’hui je veux rendre un bref mais, autant que possible, vibrant hommage à un inconnu. Je l’imagine entre deux âges, tranquille musicien de session romain, aimant le jazz, gagnant sa croute autant que possible. Ce jour-là, le maestro Ennio Morricone enregistre une musique pour un western spaghetti, Il mio nome e nessuno

, Mon nom est personne de Tonino Valerii , un ancien assistant de Sergio Leone. C’est un film avec Terence Hill et Henry Fonda, l’ironie italienne sur les mythes fondateurs des Etats-Unis. Ce jour-là, donc, pas de grand orchestre, car la partition est légère. L’ensemble est minimal : guitare, batterie, flûte à bec, claviers, et surtout basse.

Car de cette session va sortir un moment magique. Je ne sais pas qui est l’auteur de la ligne de basse du thème de Mon nom est personne , je ne sais pas si Morricone est arrivé avec la ligne toute composée ou s’il a dit au bassiste « tiens coco, improvise là-dessus ». En tout cas, cette basse est extraordinaire, follement inventive. Elle démarre tranquillement et puis tout à coup tout virevolte, le type part dans des arabesques incroyables, des inventions prodigieuses qui servent parfaitement l’esprit du film et le caractère fantasque du personnage interprété par Terence Hill.

Si ce morceau a connu un tel succès, c’est à ce bassiste inconnu et groovy en diable qu’il le doit. J’ai dû l’écouter des milliers de fois. Et recommencer, encore et encore, en n’écoutant que la basse, sans jamais me lasser. Espérons que je ne sois pas cinglé, mais j’en connais d’autres à qui ça fait le même effet. Et vous ?

P.S. : évidemment, si quelqu’un connaît le nom de ce bassiste, qu’il le fasse connaître! Merci.