Jamais Pareil :
N’empêche, moi je trouve qu’il a un peu raison, Pradoc, de taper sur le r’n'b pour lequel je trouve que les anciens fans de rock ont une indulgence coupable. Peut-être que j’ai trop lu Technikart mais je trouve justement que l’équation « Phil Spector = Pharrell » est un lieu commun actuel dont il faudra tout de même vérifier l’authenticité dans 30 ans. Tout se périme très vite lorsque la musique repose autant sur le son. Je sais pas moi, qui réécoute ses disques Dan the automator, le génie d’octobre 2002 (ne me reprenez pas sur la date, c’est au hasard, je ne vois plus le temps passer) ? Et Timbaland, il est où ? Enfin bref, le r’n'b c’est sans doute pas aussi nul que le dit Pradoc, mais de là à dire que ça va sauver la musique …
Par exemple je trouve que parler de « l’indiement correct » à propos de quelqu’un qui s’en prend au r’n'b alors que les Neptunes sont les nouveaux prophètes des Inrocks, c’est un peu fort tout de même.
Pierre :
Je vais avoir du mal à te répondre parce que, personnellement, la musique de Phil Spector ne m’a jamais semblé particulièrement géniale.
Sinon, il est clair que défendre le r’n'b est une couverture commode pour ceux qui veulent paraître dans le coup mais ont honte d’aimer la pop.
Je n’ai jamais vraiment eu l’impression que les Neptunes étaient des génies. Les deux albums de NERD par exemple contiennent autant de bonnes que de mauvaises chansons.
A tout prendre, je crois que je préfère Timbaland. Work It de Missy Elliott ou Try Again de Aaliyah par exemple valent toutes les productions des Neptunes réunies (et oui, ça comprend du Justin T et du Britney S). D’ailleurs les meilleures chansons de Britney Spears ne sont pas produites par les Neptunes mais par d’anciens métalleux suédois. Je n’échangerais pour rien au monde mon baril d’Overprotected pour deux barils de I’m A Slave For You.
Bicarbonate de soude :
Timbaland ?
Quelle question aprés Justin Timberlake et Ciara (la nouvelle Aaliyah en TRES vulgaire), il produit le dernier Nelly Furtado. eeewwww !
Les valeurs se perdent par contre on ne critique pas les Neptunes. ils arrivent à faire de la merde écoutable et moi je dis respect. Franchement le dernier duo Pharrell/Kanye West, tu peux l’ecouter une fois et tu peux même te surprendre à balancer les épaules (discrètement).
Jamais Pareil :
Je suis très peu tout ça, et je n’ai pas regardé les crédits du dernier Timberlake, c’est vrai. Les Neptunes sont très forts, Timbaland aussi, mais l’unanimité à leur encontre de la part des journalistes rock est suspecte, comme s’il avaient peur de rater un truc auquel au fond, ils ne comprennent pas grand chose.
Et puis rendez sa couronne à Prince, l’idole de ma jeunesse pourpre.
Vincent Noiray :
Oui moi-aussi je suis d’accord, Timbaland n’est pas le génie annoncé. De temps en temps y a un vrai tube mais la plupart du temps c’est de la soupe. Le fait de critiquer ça prouve justement que Pradoc aime la musique et donc il a raison, c’est pas gentil de lui taper dessus comme ça! Y a pas d’indiement correct qui tienne. Il faut être intransigeant, sinon ça sert à rien. Comme Bicarbonate a très bien fait avec tous les rockers de 16 ans « fils de » qui infestent le place parisienne.
Jamais Pareil :
Je vais avoir du mal à te répondre parce que, personnellement, la musique de Phil Spector ne m’a jamais semblé particulièrement géniale. – Pierre
C’est une comparaison qui revient systématiquement dès qu’on parle de l’omniprésence du producteur. En fait je me demande si la comparaison qui s’impose n’est pas celle de Prince à qui ils ont piqué pas mal de choses ou, encore mieux, Jimmy Jam et Terry Lewis. Certes, ce sont des références moins prisées du lectorat Inrocks.
Sinon d’accord avec toi : j’ai un seul album de Aaliyah, mais je l’aime beaucoup (avec Try again , justement). Et puis l’avant dernier Kelis était très bien (pas écouté le dernier).
Pradoc:
Pharrell est plutôt l’équivalent des Red Hot Chili Peppers, un groupe tout à fait honorable mais qui n’a pas longtemps été exceptionnel. Et vu qu’il a la maxi grosse tête, je le vois plutôt s’orienter vers une carrière à la Madonna/Snoop Dog et gérer son business comme ils disent tous…
Manur :
Ces gens sont évidemment inégaux (mais aux grandes heures de la pop 60s y’avait plein de daubes aussi), mais les Neptunes et Timbaland ont quand même fait la plupart des trucs « urbains » les plus enthousiasmants de ces derniers temps.
Kelis, Missy Elliott, Britney, NERD, O’DB, Nelly, Timberlake, y’a quand même eu du putain de single ces six ou sept dernières années. S’il est clair que pour des poppeux comme nous, aucun de ces artistes ne tient tout un album, dénigrer leurs producteurs, c’est, je trouve, un peu
faire la fine bouche.
Pradoc :
On a tous nos oeillères. Perso, tous ces artistes me laissent assez indifférents, je ne déteste pas mais ça ne m’interesse pas. NERD, j’ai essayé et je n’ai pas accroché.

Vincent Noiray :
Plus globalement, il est certain que la mise en avant des Neptunes tient plus de l’effet de mode (c’est le cas de le dire puisque Pharrell en est une, de gravure de mode) que de l’écoute rationnelle de leur musique. Il fut un temps où les Inrocks ne pouvaient pas chroniquer un disque sans faire référence aux Neptunes en collant toujours les mêmes expressions (groove poisseux, dancefloor humide,
remue-hanches salace, que sais-je?)
C’était l’époque où ils avaient descendu Amélie Poulain (je précise tout de suite que je déteste ce film) pour des
raisons idéologiques (pas d’homosexuels, pas de noirs, Paris aseptisé, etc.) et il fallait faire en sorte de ne pas glorifier que de la musique pour petits blancs
middle class. Donc jouer à fond sur le R’N'B afin de se donner une street credibility. Bref c’était totalement exagéré même si parmi les morceaux de R’N'B il y a de vrais tubes, comme Try again qui reste insurpassé selon moi.
Mais aussi Missy Elliott ou Kelis ou The Game en duo avec 50 cent. De là à dire que c’est avant-gardiste, non. Ces morceaux me plaisent pour les mêmes raisons qu’un morceau des Pet Shop Boys, de New Order ou de Lush : mélodie, refrain imparable, bref parce que ce sont des chansons pop.
Bicarbonate de soude : (avec la typo d’origine, c’est cadeau)
bon alors il va falloir mettre deux trois choses au point…
1/ on ne peut pas critiquer snoop. snoop il est juste génial. putain merde. ok il fait de la soupe. son album tu l’achetes pour juste trois morceaux. mais snoop. snoop on peut rien lui reprocher. il est merveilleux. le personnage. il est second degré a blinde. vous avez pas vu la pochette de son dernier album. c’est genial. dans sa baraque toute beige avec ses biatchs en train de compter son argent en
pantoufles. sur scène il en a rien a battre. il s’eclate, il laisse ses poteaux faire son boulot. ah non non snoop on peut tout lui passer. même s’il fait un tube merdeux ça passe parce que c’est snoop.
il s’eclate. il a jamais revendiqué «ouais moi je fais un truc qui dechire» . non snoop il est là pour se marrer et fumer des spliffs. il est trop fort. moi je l’adore. sans lui dr dre ne vaut rien. et puis attends il faut ecouter les albums de snoop. c’est bien. bon ok surtout les premiers. tha dogg pound c’est hyper
bien aussi. putain les mecs allez ecouter vapors , ou alors i don’t like to dream about being paid de the dogg pound. snoop c’est L.A., snoop c’est on ecoute du son les cheveux au vent à 5O à l’heure sur l’autoroute. snoop c’est les vans au pied, le petard à la bouche.
snoop on peut tout lui passer parce que c’est un personnage. et puis attends snoop c’est aussi les films de cul. c’est quand même fort. c’est trop marrant. tout le monde est chez lui en train de se faire plaisir et puis t’as snoop au milieu pepere qui chante. lui il est là
pour régaler les potes. madonna peut aller se rhabiller elle n’arrive même pas à la voute plantaire de snoop.

2/ pharell c’est un aimant à meufs. t’es devant lui tu fonds litteralement. il fait rien, il respire et t’es béate d’admiration. inexplicable.
d’ailleurs pour prince il devrait arreter le lifting. je l’ai vu à un concert, il pouvait même pas bouger la tête tellement sa peau est tendue.
3/ timbaland a toujours été surestimé. même avec missy j’ai pas compris le délire. c’est cool, il y a toujours deux trois morceaux qui dechire mais c’est pas un dieu.
4/ pour aaliyah ses meilleures albums sont les deux premiers. le dernier est vraiment pas top. celui avec r.kelly est assez bien (pourtant je deteste r. kelly, je vomis sur r.kelly. il fait partie de mon top 3 des personnalités de la musique les plus gerbantes avec bono
et puff daddy. j’hesite à faire rentrer jennifer lopez mais elle est pas loin d’y passer)
5/ enfin les neptunes ne sont pas des genies certes mais putain c’est eux qui ont rendu kelis geniale parce que maintenant qu’elle travaille plus avec eux elle pas aussi incroyable qu’avant. il lui avait donné une aura à cette fille, un magnetisme, un truc qui faisait qu’elle degageait grave. et puis aussi ils ont reussi à travailler pour des gens très divers et ils ont surtout reussi à faire des morceaux hyper ecoutables avec ces gens. nelly + n’sync bonjour le challenge. et bah voilà nepunes arrivent et ça s’écoute. même britney.
mais tout ça n’engage que moi evidemment !
Pierre :
Pas touche à Nsync.
Bruno :
Ho la la, mais z’avez rien compris. Les Inrocks, ils n’aiment pas les Neptunes parce que ça déchire grave sur le dance-floor, rien à voir, non, ce qui leur plaît, ce sont ces blessures secrètes que l’on ressent dans leurs productions.
Ainsi, avec In my mind, Pharrell « choisit (…) d’explorer des territoires bien plus profonds, laissant apparaître sur cet essai solo cette belle fracture adolescente jamais vraiment refermée, que l’on aime observer dans les films de
Larry Clark ou Harmony Korine. Loin du vrai gros bling-bling (mais jamais très loin de chez Vuitton, et toujours avec un œil sur ses propres marques Billionaire Boys Club et Ice Cream, là encore une référence à l’enfance), Pharrell parvient sur In My Mind à imposer une vision bien plus complexe que prévu et à laisser entrevoir une facette nouvelle, sorte de voie privée passant tranquillement à côté de l’usine à tubes qu’il a patiemment construite avec les Neptunes. On a bien fait d’attendre. »
(tiré de la chronique de Pierre « j’aime
pas danser » Siankowski)
Juste avant, il y avait ça (tiré de la même chronique) :
« Sur In My Mind, Pharrell invente de son côté, et vingt ans après Michael Jackson, un spleen moderne qu’on vit en casquette et bermuda, une paire de Nike Air Force aux pieds (ou de Bapesta pour ceux qui ont les moyens), quelque part sur un front de mer de Long Beach, au bord de la Riviera, sur une plage de Miami, ou même dans une résidence de vacances à La Bourboule. Lorsqu’avec son grand pote Jay-Z, Pharrell fanfaronne (pour de faux) sur le titre qui est déjà le mot d’ordre de l’été en cours, Young Girl/I Really Like You – qu’on traduira par « Jeunette/Je t’aime vraiment bien, tu sais » -, c’est presque des larmes qui
nous coulent des yeux tellement tout cela sent l’invocation d’un monde perdu. »
A la relecture je me demande si ce Siankowski ne se fout pas vicieusement de la gueule de son propre journal.





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