Je ne me doutais pas que j’aimerais autant une musique qui n’était pas mon genre.
Pour les Mars Volta , l’aventure est sonore et leurs doigts surfent sur les guitares par vagues, ils se laissent engloutir dans leurs inventions, petits maëlstroms contrôlés et tourbillons. Ça pulse, ça sent la sueur et la pulpe, Hendrix croisé avec Mogwai et Led Zeppelin . Quel son ! Les enceintes tremblent, les vitres vibrent, et pourtant Amputechture ne s’écoute jamais assez fort tant on a envie de se laisser engourdir et boxer par les rythmes déments du groupe.

Le VUmètre s’affole, Mars Volta peut transformer un littéraire en amateur de métal, on verrait presque John Zorn se promener en coulisse et secouer la tête. A la saturation sonore et au-delà et en évitant la bouillie qui plus est, car Mars Volta ne fait pas de grumeaux. Ça monte, ça monte jusqu’au climax. Et si parfois, une sorte de laideur curieuse vient poindre — tout ce fatras est quand même un peu de mauvais goût — le problème semble sans importance, la transe se poursuit, et le parfum de mayonnaise s’oublie sous un déluge de nappages, à pieds joints dans la rivière de cassis.
Voilà un album qui coule, fondu dans une matière molle, inconsistant dans sa structure proche de l’improvisation mais dont l’armature demeure solide. Grands écarts et tohu-bohu font de ce disque de berceuses, vif autant que contemplatif à la recherche du vertige, un effort qui se maintient jusqu’au bout.
Mars Volta a planté son drapeau très haut, Amputechture est un voyage en grand huit, une aventureuse entreprise sonore, une belle catastrophe riche d’explosions. Sortez de l’abstinence et découvrez ce disque qui est comme une liqueur. Vos oreilles seront ivres.





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