La Blogothèque

La forme et le con

Tatatiiin…

Il y a de cela un peu plus de trois ans, le chanteur énervant qui fait surtout pitié ressortait un album après de trop nombreuses années d’absence. Fan de Renaud de la première heure, je ne résistais pas à l’appel de la madeleine, bien qu’elle ait manifestement trempé dans la vinasse. Le constat fut amer. Un disque inintéressant et qui plus est, agrémenté d’un duo de choc avec Axelle Red , que Renaud ne craignait pas de présenter comme « une des meilleures chanteuses actuelles », laissant pas là entendre que la cure de désintox n’avait pas totalement porté ses fruits.

Voila le chanteur de banlieue rouge de retour, un retour fracassant, car Renaud a décidé de casser du sucre sur les bobos ou de nous glisser que certains fans de Sarko seraient fachos (quelle audace !). Outre le fait qu’on signalera à l’outre que le sujet bobo fait les beaux jours des moqueurs depuis tellement de temps qu’il est presque passé de mode (on lui propose donc, pour son prochain opus, d’écouler son stock de vannes sur le président Coty ou sur le scandale de Panama), on a connu M. Séchan plus inspiré.

Mais s’il est une chose qu’on ne peut lui reprocher, c’est bien de faire coïncider le fond et la forme : Il ne suffit pas de dégueuler son mépris, il convient que cela s’entende. Or, tendez bien l’oreille la prochaine fois que vous écouterez « les bobos » : Renaud ne chante pas, il vomit. On croirait entendre un pilier de bistrot râlant contre les grévistes. Mais un pilier de bistrot dont le mariage fait la une de Paris-Match. Tout est relatif. Un pilier de Bistro passé de Michel Ricard à François Pineau (des Charentes).

Alors bien sûr, vous allez me dire que, bobo moi-même, je règle mes comptes. Bobo, beauf ou con : On est tous celui de quelqu’un. Je confesse l’usage du vélo. J’suis bobo.