La Blogothèque

L’histoire des jeunes Spinto Band, épisode 2

Deuxième et provisoire dernier épisode de ma quête du passé des jeunes Spinto Band

Il y a sur le site foutoir Spintonic, une page vieux rose, affichant une photo vaporeuse d’une demoiselle blonde d’une autre époque, une époque où les brushings étaient soignés et où les pissenlits volaient dans l’air du printemps. C’est la page de Carol Cleveland Sings , un projet qui n’a rien à voir avec Carol Cleveland (actrice amie des Monthy Python), tout à voir avec les Spinto Band.

Carol Cleveland Sings est un projet parallèle de Thomas Hugues, l’un des leaders du Spinto Band, qui n’a rien à voir avec le Thomas Hugues qui présente le journal, et ressemble plutôt à un petit gars qui saute partout avec un kazou accroché autour du cou. C’est sous ce nom qu’il a écrit et enregistré les premières versions de Brown Boxes ou Direct to Helmet , ainsi que d’autres chansons qui entendent réconcilier “Bacharach et le Casio”.

Des Direct to helmet , des Brown Boxes , il y en a eu des poignées. Toutes écrites par des groupes “garage”, pour un concours lancé par le site SongFight , qui proposait régulièrement un titre, une illustration et laissait les groupes composer sur cette maigre base. Carol Cleveland a perdu sur Brown Boxes , elle a gagné sur Direct to helmet : cette version est plus réussie que la version enregistrée par les Spinto Band sur Nice and Nicely done , parce que plus appuyée.

‘Carol cleveland sings’ est le bout perdu d’une longue pelote. En tirant le fil, on en devient paranoïaque, à imaginer que le mondre nom de groupe tordu est le fruit de l’imagination des membres des Spinto Band. The Danger twins ? The Nympho Leprechauns ? Camp Blood, the musical ? The Pennock bridge collective ? Il y a du Spinto dans tous ces groupes.

Le seul album du Pennock Bridge collective est encore disponible sur Archive.org. C’est supposé être un super groupe, c’est surtout un incroyable foutoir. On sent que les musiciens s’y amusent beaucoup, on s’ennuie un peu à l’écouter. Sauf lorsqu’on est consterné, comme sur ce Black Guys , slow volontairement merdique et pleurnicheur aux paroles d’une rare poésie.

Bref, une mine. Carol Cleveland Sings montre un musicien décomplexé, jouant des genres, s’affranchissant de la peue du ridicule (vous trouverez une reprise de Jordy dans sa discographie), et réussisant, à force de tirs dans tous les sens, à déterrer quelques pépites.

A part quatre mp3, je vous donnerai juste des pistes où vous pourrez écouter des ébauches, des blagues de potache, des tubes en gestation. Le mieux est de vous laisser creuser. En espérant pouvoir bientôt poser les questions qui s’imposent aux auteurs de ce joyeux bordel.