La Blogothèque

La longue histoire des jeunes Spinto Band

J’étais tout de même un peu intrigué. Un webzine américain (dont j’ai perdu la trace) avait chroniqué le Nice and Nicely Done des Spinto Band, comme un peu moins bon que les précédents disques du groupe. Je savais, ils aiment le répéter, que les gamins du Spinto avaient enregistré des tonnes de chansons avant de sortir cet album. Je ne savais pas que ces chansons étaient allées au delà de leur grenier, des CD gravés vendus de la main à la main dans les bars du Delaware. Il fallait écouter ça.

Alors j’ai coincé Jeff, le leader à la voix de falsetto, après le show case du groupe à Ground Zero. Je lui ai demandé comment on pouvait écouter ces fameux disques. Les oeuvres de jeunesse d’un groupe de mecs de 22 ans. Il a souri et m’a dit d’aller faire un tour du côté d’archive.org, que je pourrais y trouver mon bonheur.

Trop tard. Sur Archive, ne restent que des promesses. Le cache Google témoigne de l’existence de Sam Raimi et Digital Summer , deux albums de plus de vingt morceaux chacun, enregistrés en 1999 et 2000. On imagine de joyeux foutoirs à la Ween, avec des chansons courtes aux titres alléchants (Unemployed waltz , The dirtiest corn muffin , German love ). Mais on imagine seulement… J’ai cherché cherché, je n’ai rien trouvé, sinon des traces.

Un autre album, Frills , et son penchant No Frills. Un projet parallèle au nom affreux de Free Beer. Un concept album sur la vie de Théodore Roosevelt. Une généalogie, une archéologie à la temporalité diffuse : des titres de Sam Raimi se retrouvent sur Good Answer et Give Away , les deux seuls disques que l’on peut trouver sur le p2p. Et des titres de ces deux disques finiront sur Nice and Nicely Done , comme un certain Atari , rebaptisé Japan is an island .

Je n’ai trouvé que ces deux “albums”, et un morceau extrait de Digital Summer. Il s’appelle I saw the spider et ne veut rien dire seul, comme l’appendice d’une joyeuse farce, scène isolée d’un opéra foutraque. Les Spinto étaient jeunes, un groupe de pop garage, capable d’enchaîner les morceaux comme des blagues, de jouer avec les genres. De faire un morceau pompier et bêtement ado sur le Puff Daddy blowjob movement , de rendre hommage à Pavement sur My Special Car , de faire les cons sur une ambiance Yo la tengo avec Chill + Park 97 , de dessiner des prémices timides de leurs tubes à venir avec Don’t take it personal .

Des prémices. Comme quoi, même fait par des gamins, un album pop impeccable est un long travail d’épuration, de recherche. Heureusement pour nous, les Spinto ont enregistré le moindre coup de pioche, le moindre passage de ponceuse. Et heureusement, il reste plein de choses à trouver. Et c’est là que je compte sur vous. Partons en quête de la discographie adolecente des Spinto Band.

Bonus : une session des Spinto enregistrér à la mi-2005

Et n’oubliez pas notre concert à emporter