Je sais si peu de choses sur le groupe objet de ce billet, je vais plutôt vous raconter comment je me suis perdu jusqu’à lui. Il y a quelques semaines je me suis retrouvé à faire une des choses que j’aime le plus : fouiller les bacs des disquaires. Je m’en suis rapproché lentement, en flânant sur le marché, le temps d’imaginer que m’attendaient peut-être quelques belles galettes toutes prêtes à être cueillies.
Bon, en fait, quelques Nascimento récents, pas grand chose … Tiens, les Young Marble Giants, chouette. Oh et puis j’ai acheté trop de disques ces derniers temps, en plus il est pas donné non ? Là mon fils commence à se tortiller dans la poussette, il pousse des cris stridents et je gêne le passage de tout le monde. Je repose le disque et je me casse … jusqu’à l’autre disquaire, barbu-cheveux longs, une tête de vieux hippie qui aime les musiques acides. Mais il a lui aussi un petit rayon brésilien. Une pochette aux couleurs violentes m’impressionne, à tel point que dans mon souvenir je revois le bord en blanc. C’est Sonho 70
, de Egberto Gismonti
. J’inspecte, à la recherche d’indices précieux. Produit par Menescal, ah ouais, mais il a produit tellement de trucs. Dulce nunes… Tiens ça me dit quelque chose. 1976, oui. Bon, connaît pas, ce n’est pas parce que ce n’est pas (trop) cher qu’il faut s’encombrer de tout ce qui traîne, j’ai acheté tellement de trucs ces dernier temps, calmons nous, pensons à l’avenir, acheter une maison … J’ai reposé le disque et je suis retourné acheter le Young Marble Giants.
Je n’ai pas pu consulter internet tout de suite et le lendemain le nom de Egberto Gismonti n’était plus vraiment si frais dans ma tête. Je me rappelais bien du prénom – Egberto, une fois que tu l’as retenu, tu ne l’oublie plus – mais le nom était plus flou.
Gimonti ? Simoni ? Avec une orthographe aussi fluctuante, rien sur google. J’ai alors tenté un coup de poker. Une recherche de Egberto sur Dustygroove. Si ils ne l’ont pas, je me suis dit, alors c’est que ce n’était pas bien grave de le rater. Ils l’ont. Bon. Tiens, Gismonti il s’appelait. Ok. Et le commentaire ?
« We love this one to death, and never tire of playing it. Darn hard to find in any format ».
Argh. L’angoisse, j’ai raté le disque du siècle à 12 euros. Vite, vérification. Ouf, le disque existe, même pas plus cher. Si je ne le retrouve pas sur le marché, il y aura toujours cette solution. Je respire.
Ca, c’était il y a deux semaines. Depuis je ne suis pas retourné au marché. Il y a quelques jours, tout de même un peu tenaillé par l’envie d’en savoir plus, j’ai tenté un filou « egberto gismonti rapidshare » sur google. Ah, un lien intéressant. Ce sont les commentaires d’un blog à propos du disque d’un certain Piri . Le hasard veut que je viennes justement d’acheter un disque avec ce Piri, que j’attends. Alors je regarde un peu mieux ce que propose le blog, et là je tombe sur cette photo et cette accroche.

« Here’s a personal compilation of ultra-hip vocalese-jazz recordings by Estonian group Collage culled from their impossible-to-find Russian Melodiya albums from the seventies. Legendary stuff this, impossible to adequately put into words and incomparable in form & delivery to anything I can immediately think of. »
Intrigué, j’ai justement décidé de faire de la place sur mon ipod à quelques autres trouvailles, prêts, achats, emprunts, Cortex, les masques, Darondo, Ed Lincoln. Je nettoie un peu, j’ajoute Collage et le lendemain matin, au boulot, le casque sur les oreilles, j’entends ça.
Le reste se passe plus bas, ou sur la radio. Puis sur le blog où les plus motivés d’entre vous trouveront quelques informations supplémentaires et beaucoup plus à écouter. Et enfin chez [Cdtroopers-> http://www.cdtroopers.com/?m=prod&w=show&id=133578&HeLitroop2=44a63760bba237c719b6c137573413af], un spécialiste du disque sur la zone scandinave (ce sont eux qui le disent). J’attends le mien, vite s’il vous plaît.





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