La Blogothèque

Grant Mc Lennan, RIP

Le 6 mai, à Brisbane, en Australie, Grant Mc Lennan est mort. Il avait 48 ans. Ce n’était pas une superstar, mais sans doute un des songwriters les plus doués de la pop à guitares. Avec son compère Robert Forster , il a été responsable au sein des Go-Betweens de quelques très beaux albums et de tubes imparables. Signés par Rough Trade, le label des Smiths, les Australiens sont allés tenter leur chance et chercher la gloire à Londres, sans trop de succès. L’air du pays semblait nécessaire à leur pleine carburation.

L’apogée de leur carrière date de 1988, à la sortie de leur sixième album, 16 lovers lane , qui regorge de chansons pop parfaites, à la fois accessibles et irrésistibles. Streets of your town et Was there anything I could do ? , les deux singles, en sont des exemples éloquents.

A la suite de ce succès, le groupe fit une longue pause de dix ans, pendant laquelle McLennan sortit quatre albums, avant que les deux compères ne se remettent à composer et à tourner. Je me souviens de l’émotion avec laquelle je me rendis au mythique Palace parisien pour assister à leur retour. Le concert fut à l’image des deux bonshommes, qui avaient plus l’air de tranquilles rednecks australiens, amateurs de bière et de golf, que de popstars branchées.

Ce fut un concert sans esbroufe, mais généreux, où éclatait la qualité des chansons. Quelques années plus tard, j’ai revu le groupe à Barcelone lors du Primavera sound festival : ce fut la même impression d’excellence tranquille. Les deux compères jouaient avec toujours autant d’enthousiasme et de simplicité. On sentait bien que seule la musique les intéressait. Ces derniers mois, ils venaient de sortir leur premier DVD, ils avaient l’air en forme olympique. “The sound I love is made of wood, voice, and electricity “, écrivait McLennan sur les notes de pochette de Before Hollywood , leur deuxième album. On ne saurait mieux dire : les fioritures et les effets destinés à masquer les faiblesses du songwriting sont bannis chez les Go-Betweens. La pop a donc perdu un de ses meilleurs serviteurs, et c’est une bien triste nouvelle.