La Blogothèque

Que la lumière soit !

Salut à tous, mille excuses pour cette absence prolongée indépendante de ma volonté, vous pouvez aller porter réclamation auprès de France Télécom qui a mis plus de deux mois à me dépêcher un technicien compétent. Bon, j’habite Marseille, il faut bien l’avouer. Cela ne m’a tout de même pas empêché de voir que le 28 avril était sorti le troisième album de Peter Licht. Et donc que le printemps était bien là, parti pour durer, et que tout l’été serait beau. Rapide retour en arrière : été 2001, une espèce de comptine electro devient un hit underground en Allemagne, relayé par Ellen Allien qui ne cesse de le jouer dans ses mix. C’est Sonnendeck , de Peter Licht . Une histoire de bronzage, de solarium, qui reste pour toujours dans la tête. La suite ne se fait pas attendre, avec Die Transylvanische Verwandte ist da , autre tube, toujours aussi absurde, (la parente transylvanienne est là, les oiseaux chantent, tralalala) toujours aussi irrésistible. Sur deux albums, Vierzehn Lieder et Stratosphärenlieder , il déploie ses chansons faussement naïves, qui parlent du monde d’aujourd’hui, de la peur de vieillir, des choix inévitables à faire, de la volatilité du marché du travail. Des sujets universels traités avec un humour décalé. La personnalité dont on pourrait sans doute le plus rapprocher Peter Licht est Philippe Katerine, dont il partage le côté artiste touche à tout et l’excentricité. Mais (est-ce là la fameuse rigueur germanique, voire rhénane puisque Licht vient de Cologne) on ne trouve pas de délire en état d’ébriété sur les disques de Peter Licht. Quelques vignettes ultra lo-fi, de temps en temps, mais jamais très longues.

Tout ça pour dire que j’attendais avec une belle impatience mon paquet Amazon.de. Le titre du nouvel album est en effet des plus prometteurs : Lieder vom Ende des Kapitalismus , les chansons de la fin du capitalisme. Diable : à quoi s’attendre ? Du punk ? Du hip-hop hardcore ? Vite, le disque : une intro qui s’intitule Offenes Ende (la fin ouverte), 48 secondes dans la cuisine pour couper court à tous les possibles (Du hast keine Wahl, was du hast ist ein offenes Ende, sonst nichts). Et puis le disque part, par un tube imparable, de la pop parfaite, entêtante, Das absolute Glück , le bonheur absolu. Ce disque est un disque pop, résolument. Il en épouse toutes les formes, se laisse aller, de l’électro (der böse Mann ) , à la power pop (wir werden siegen ) , en passant par le point culminant du disque, le classique, la chanson de la fin du capitalisme elle-même :” Hast du schon, hast du schon gehört ? Das ist das Ende das Ende vom Kapitalismus – jetzt isser endlich vorbei.” Et les chœurs de reprendre “vorbei vorbei vor-horbei”. C’est fini : les temps obscurs sont terminés, il s’agissait seulement de cela : des mélodies et de la bonne humeur, des bains de soleil et de la bière. Nous triompherons, affirme Peter Licht. C’est l’évidence même !