J’ai découvert Hank Harry il y a je crois deux ou trois ans. Au moment où allait sortir son dernier album en date, Far From Clever
. Si je ne me souviens plus très bien du lieu (Festival de Dour ? Nuits du Botanique ?) j’ai un souvenir très net de l’émotion ressentie à la fin de ce concert découverte (pour moi). J’ai été « touché ». Littéralement touché. Je suis sorti de cette salle (il me semble bien que ce devait être au Botanique) avec l’agréable sensation d’avoir enfin vu quelqu’un se livrer le plus simplement du monde, prendre des risques, faire parfois des erreurs (très peu), osez la mise à nue et souvent réussir parfaitement son pari. Je me souviens d’avoir été profondément touché par l’humilité et la sincérité inhérente à la démarche. Derrière une musique soignée, réfléchie, élaborée, jouée par un groupe (les occasionnels Lovely Cowboy Orchestra) et soudé, on entendait la voix d’un homme, sa nostalgie, ses joies, ses peines, ses tendresses.
Le plus impressionnant est sans doute que tout cela transparaisse justement au travers de compositions tantôt tendrement euphoriques, tantôt carrément énervées. N’allez donc pas croire que l’on pleure tout au long du disque ou du concert. Au contraire, on rit, on saute, on jubile, on se gousse, on hulule, on crie, on coasse, on éclate, on pouffe, on sue, on se rue, et on en redemande.
Sur scène, c’est enfin plus qu’un nom qui apparaît, plus qu’un virtuose, qu’une rumeur, qu’une mode, plus qu’une prétention, qu’une revendication, qu’une identité, plus qu’une ambition, c’est un homme. Ses contradictions, ses émotions, ses échecs, ses nostalgies, ses joies, ses peines. Autant vous dire que ce Hank Harry là, mon compagne et moi l’avons adopté sur le champ, notre sentiment se renforçant de concert en concert. La sortie de Far From Clever n’a rien gâché à l’affaire, que du contraire. La découverte des albums précédents à fini de me combler.
Rencontrés quelques fois, j’avais entamé des démarches pour organiser une interview, avant de laisser le temps passer et emporter mes bonnes intentions. Manque de temps, d’énergie, d’organisation et de courage pour faire ce que je ne voulais surtout pas bâcler. Grossière erreur que je tiens à réparer aujourd’hui, comme je peux. C’est à dire en remisant mes craintes de mal faire au vestiaire et en vous parlant tout simplement, sans fioritures, de la sortie de deux singles téléchargeables gratuitement depuis le site d’Hank Harry et annonciateurs d’un prochain album (The Girl of My Dreams ) prévu pour fin mai. Contrairement à son prédécesseur (lequel a bénéficié de l’affectueuse attention de plusieurs amis, devenus « The Lovely Cowboy Orchestra »), celui-ci s’annonce plus intimiste, plus artisanal… un retour à la « naïveté » (je regrette déjà ce mot) des débuts, la volonté de ne pas s’enfermer dans une formule à « succès »… un album plus personnel ? Pas sur que le précédent ne l’ait pas été au plus haut point. Et on note ici aussi une rencontre apparemment décisive en la personne de Félicie Heymoz. Attendons donc encore quelques semaines avant de nous prononcer.
Bref, tout cela pour vous dire que sur le site de Hank Harry, deux singles sont, depuis quelques jours, disponibles au téléchargement, et ce gratuitement. Donkey Kong Trashing Party
et Sleeping There
. Sur le premier, outre la face A détonante, on notera une reprise bien sentie de I Saw Her Standing There
des petits scarabées. La plage principale du second single, quant à elle, me file des frissons à chaque écoute. Encore un morceau de Hank que je vais me passer en boucle sans jamais m’en lasser.
Courrez donc downloader ces petites pièces de collections et délectez vous en.
Bonne écoute.





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